Déclaration du Bureau de la F.R.A. Dachnaktsoutioun
Les élections législatives qui se sont tenues le 7 juin en Arménie resteront dans notre histoire contemporaine comme un scrutin s’étant déroulé dans un climat de terreur sans précédent.
Le régime en place a agi durant toute la campagne sans la moindre distinction de moyens. Un recours massif aux ressources administratives a été observé, via l’utilisation des leviers étatiques et municipaux. Tout l’arsenal propagandiste et administratif mobilisé visait, par tous les moyens, à limiter la concurrence politique et à influencer la libre expression de la volonté des électeurs. Le discours de haine diffusé par le pouvoir et les mesures qu’il a entreprises ont instauré de nouvelles lignes de fracture et des divisions au sein de la société.
Le résultat en est que, pour la première fois, en conséquence directe de l’ingérence administrative, le citoyen de la République d’Arménie a été privé de son droit de vote, et une force politique de son droit à être représentée au Parlement.
L’ampleur des fraudes électorales et leur caractère systémique attestent de la volonté du régime de transformer les élections en un simple outil de conservation du pouvoir.
De plus, le fait de laisser sans suite l’exigence d’éliminer les infractions électorales, pour des raisons d’opportunisme politique, soulève des doutes fondés quant à la viabilité des structures étatiques et à la préservation de l’ordre constitutionnel.
Il est désormais indéniable que cette majorité parlementaire n’est pas issue d’élections démocratiques, mais résulte exclusivement d’une décision impartiale de la Cour constitutionnelle et d’une répartition des mandats de députés effectuée par des machinations administratives.
Durant ces élections, les ingérences et influences flagrantes de centres de pouvoir extérieurs et de divers acteurs ont également constitué un facteur essentiel, portant un coup sérieux à la souveraineté et à l’indépendance de l’Arménie.
Néanmoins, en dépit des circonstances susmentionnées, de toutes les difficultés, limitations et obstacles, l’opposition unifiée a réussi à obtenir un nombre respectable de suffrages. Bien que les résultats enregistrés « officiellement » donnent de fait aux autorités en place la possibilité de se reconduire, il est évident que le régime dirigeant est en déclin et a perdu sa légitimité. Les persécutions politiques post-électorales et la répression, qui ont pris un nouvel élan, en sont également le témoignage.
La crise politique consécutive aux élections n’est non seulement pas surmontée, mais s’est aggravée en raison des agissements du régime, prenant des teintes inter-nationales et géopolitiques dangereuses. L’obsession des autorités à se reproduire à tout prix a frappé la concorde publique, les valeurs démocratiques, la stabilité et la viabilité de l’État.
Le régime en place cible continuellement la Déclaration d’indépendance, la Sainte Église Apostolique Arménienne, le Mouvement de l’Artsakh, les fondements de l’identité arménienne, tout ce qui a constitué le ciment de l’unité pan-arménienne.
Dans les conditions actuelles, compte tenu des nouvelles réalités et circonstances, il convient de poursuivre la lutte politique avec une nouvelle stratégie, un nouvel élan et une nouvelle vigueur.
La tâche principale est de prévenir la politique destructrice et désastreuse du régime visant à la « turquisation » de l’Arménie et, à cet égard, le travail coordonné et synchronisé de toutes les forces nationales saines, ainsi qu’une large mobilisation publique, sont d’une importance capitale.
Une lutte cohérente et inébranlable sur tous les fronts est la seule voie pour parvenir au succès.
La préservation de l’identité arménienne, l’impératif d’avoir un État national et digne doivent devenir la priorité numéro un de l’agenda pan-arménien.
BUREAU DE LA F.R.A.
9 Juillet 2026
