Le 7 juin a également pris Aliev au dépourvu
Vahram ATANESSIAN
« 1in.am », Erevan, le 12 juillet 2026
Un journaliste du média pro-gouvernemental « Minval Politika » basé à Bakou, présente une analyse de la situation politique intérieure de l’Arménie et des réactions internationales qu’elle a suscitées. Il écrit « Les élections du 7 juin et les événements qui ont suivi ont démontré que le régime autoritaire de Nikol Pachinian consolide son pouvoir en Arménie avec pour slogans ’’la démocratie’’ et ‘’le choix européen ‘’. Les arrestations massives, la justice sélective et les pressions exercées sur l’opposition et le monde des affaires ne constituent pas de simples ‘’violations isolées’’, mais relèvent plutôt d’une politique systémique. Cependant, au lieu d’exiger le respect de véritables normes démocratiques, l’Occident préfère garder le silence et féliciter ’’son poulain’’ ».
Nous pourrions citer bien des figures de l’opposition radicale arménienne qui reprenent pratiquement mot pour mot ces mêmes termes, aux mêmes accents, et nous demander pourquoi elles s’alignent de la sorte sur la propagande officielle de Bakou concernant le « régime autoritaire » de Pachinian et le « parrainage tacite » dont celui-ci bénéficierait de la part de l’Occident. La généralisation faite par l’auteur azerbaïdjanais mérite d’autant plus d’être relevée qu’il poursuit son propos par ces mots: « Ce processus fait peser des risques directs sur la région : un retard dans le règlement pacifique du conflit avec l’Azerbaïdjan, une montée du revanchisme en Arménie et la transformation du pays en une zone d’instabilité permanente. L’histoire montre que même les dictatures « pro-européennes » finissent rarement bien, que ce soit pour leur propre population, ou pour leurs voisins. » En ce sens, l’Arménie pourrait donc ne pas faire exception.
L’opposition arménienne estime que « Pachinian instaure une dictature afin de satisfaire unilatéralement toutes les exigences de l’Azerbaïdjan ». Bakou, comme le suggèrent les déclarations citées, « redoute que le régime autoritaire mis en place sous l’égide occidentale ne retarde un règlement pacifique avec l’Azerbaïdjan et n’alimente le revanchisme en Arménie ». L’affirmation vire au sketch lorsque que l’Azerbaïdjan, une authentique dictature dans tous les sens du terme, accuse le Premier ministre arménien d’« autoritarisme ». Mais le point principal de la critique est que ce régime s’organise « sous les auspices de l’Occident », alors que Pachinian est perçu là-bas comme un dirigeant qu’ils auraient eux-mêmes façonné.
Quelle conclusion tirer de ces «sous-entendus » ? Selon toute vraisemblance, l’Azerbaïdjan n’a pas réussi, et continue d’échouer, à imposer des « conditions non contractuelles » à l’Arménie, parce que Pachinian bénéficierait du soutien de l’Occident. Cela sous-entend qu’Aliev préférerait que Nikol Pachinian ne soit pas un dirigeant «façonné » par l’Occident.
La question de savoir dans quelle mesure la perception d’Aliev repose sur la réalité actuelle des relations entre l’Occident et l’Arménie, ou sur des projets à venir, est une tout autre affaire.
Demeure une réalité : les résultats du scrutin du 7 juin ont également pris Aliev au dépourvu.
