Pachinian participera à la session du Conseil intergouvernemental de l’UEE

Փաշ-d80e-4689-8118-08decad17715_w1023_r1_s

Le Premier ministre Nikol Pachinian a annoncé le 30 juillet, lors d’un bref échange avec la presse, qu’il participerait à la session du Conseil intergouvernemental de l’Union économique eurasiatique (UEE), prévue les 6 et 7 août.

« L’UEE est une plateforme où je soulèverai toutes les questions relatives à notre ordre du jour. Je dirai ce que j’ai déjà mentionné ici… à savoir que l’UEE est paralysée. Si le traité de l’UEE ne fonctionne pas, alors l’UEE ne fonctionne pas non plus. Elle se trouve de facto dans un état de paralysie, et cette paralysie montre des tendances à s’aggraver. Si cette question n’est pas résolue rapidement, je suis sûr à cent pour cent que la République d’Arménie surmontera ce problème, mais que l’UEE n’y parviendra pas », a noté M. Pachinian. Il a ajouté que cette situation n’est, en fin de compte, pas le problème de l’Arménie, mais qu’elle pourrait marquer le début de la fin pour l’organisation eurasiatique.

Néanmoins, les quatre autres pays membres de l’UEE avaient publié une déclaration exigeant qu’Erevan fasse un choix clair : rester au sein de cette alliance économique ou emprunter la voie européenne. Durant la campagne électorale en Arménie, la Russie a interdit l’importation de produits d’origine arménienne sur le marché russe, justifiant cette décision par de prétendues violations des normes sanitaires et de sécurité. Et tandis qu’Erevan intervient au plus haut niveau pour mettre fin à cette politique, Moscou élargit encore davantage la gamme des produits sous embargo.

Dialogue avec Vladimir Poutine et voie européenne

Revenant sur l’entretien téléphonique qu’il a eu ces derniers jours avec le président russe Vladimir Poutine (au cours duquel Pachinian a démenti tout projet immédiat de sortie de l’UEE), le Premier ministre a indiqué que « sur au moins quelques questions, nous sommes parvenus à une compréhension commune ».

« La République d’Arménie a le droit légitime de se forger des alternatives. J’ai dit au président russe que nous avions annoncé cette voie et que nous allions l’emprunter, d’autant plus que le peuple arménien a également voté en ce sens. Je n’imagine pas qu’avec la politique que nous menons, nous nous retrouvions dans une situation où l’Arménie n’aurait pas d’alternative », a déclaré Nikol Pachinian. Répondant à une question sur un éventuel échec du dialogue avec le président russe puisqu’aucun accord n’a été évoqué, il a précisé : « Le dialogue a bien eu lieu, car nous avons parlé longuement ».

Abordant la perspective d’une adhésion à l’UE, le Premier ministre a rappelé que le 29 mai, à Astana, les dirigeants des quatre autres pays membres de l’UEE avaient soutenu, par une déclaration commune, l’idée d’organiser un référendum sur cette question en Arménie. « J’ai également dit au président russe que ce vote ne pouvait avoir lieu sans un objet précis. Pour organiser ce référendum, nous devrions au moins avoir déposé une demande d’adhésion à l’Union européenne », a-t-il noté. Poutine, de son côté, avait de nouveau insisté sur le fait qu’Erevan devait organiser un référendum pour déterminer clairement s’il comptait suivre la voie eurasiatique ou européenne.

Pachinian sur les restrictions du marché russe : « Ce n’est pas une crise, c’est une opportunité »

Lors de la séance du gouvernement, évoquant les interdictions imposées par le marché russe, le Premier ministre a soutenu que la situation actuelle n’est pas une crise, mais une nouvelle opportunité qui aidera à développer et améliorer la qualité des produits arméniens.

« Beaucoup considèrent cela comme une crise, mais pour moi, c’est une opportunité, une fenêtre que nous avons ouverte devant nous. L’époque où nous n’avions pas d’alternative est révolue. Nous devons toujours et partout avoir des alternatives, afin que notre peuple sache qu’il a la possibilité de prendre ses propres décisions », a souligné M. Pachinian.