Le reportage du « Guardian » : la clinique fonctionnant à 235 mètres de profondeur dans la mine de sel d’Erevan
Le prestigieux quotidien britannique The Guardian a consacré un article spécial à la clinique située à 235 mètres de profondeur dans la mine de sel du district d’Avan à Erevan, l’un des rares établissements de ce type au monde. Dans ce centre opérationnel depuis l’époque soviétique, les patients souffrant de problèmes respiratoires passent environ 6 heures par jour sous terre.
L’établissement médical, appelé Centre républicain de spéléothérapie, a ouvert ses portes en 1987 sur le site d’une mine de sel gemme de 4 000 mètres carrés toujours en activité, dont les tunnels ont été aménagés en salles de soins et de repos. Les patients y descendent par un ascenseur industriel, traversant les strates de sel pour atteindre des salles éclairées artificiellement.
Le long des murs, des lits étroits placés derrière des rideaux rappellent davantage un bunker de l’époque de la Guerre froide qu’une chambre d’hôpital classique. Au cours des heures passées dans ces salles souterraines, les visiteurs se reposent, se promènent dans les tunnels, jouent au billard ou effectuent des exercices respiratoires.
Cette méthode de traitement, appelée spéléothérapie, repose sur la théorie selon laquelle l’air riche en sel et exempt d’allergènes soulage les maladies respiratoires. Le cycle de traitement complet dure 3 semaines, la première étant destinée à acclimater le corps à l’environnement souterrain.
La docteure Anoush Voskanyan, qui travaille au centre depuis 1989, a expliqué au Guardian que cette idée est née des observations des médecins soviétiques : ils avaient remarqué que les mineurs des mines de sel, bien qu’ils passent toute leur vie sous terre, souffraient infiniment moins de maladies respiratoires. Des chercheurs ont alors étudié le microclimat de ces mines, ce qui a conduit à l’ouverture de cliniques spécialisées similaires dans les pays du bloc soviétique.
La situation a changé en 2019, lorsque le gouvernement arménien a mis fin au financement public du centre, arguant que la spéléothérapie ne disposait pas de preuves scientifiques suffisantes pour bénéficier du soutien de l’État. Actuellement, les patients paient 10 000 drams (environ 26 dollars) pour chaque visite.
