H. Hadjiev : « la reconnaissance du génocide des Arméniens par Israël est injuste »
Hikmet Hadjiev, chef du département de politique étrangère de l’administration présidentielle azerbaïdjanaise vient de déclarer « Le processus d’adoption d’une nouvelle Constitution va bientôt débuter en Arménie… C’est le signal que nous avons reçu à ce sujet Un référendum pourrait être organisé. Une fois que les revendications territoriales à l’encontre de l’Azerbaïdjan auront été supprimées du préambule de la Constitution arménienne, nous ne verrons plus d’obstacle à la signature d’un traité de paix définitif ».
Il a également déclaré que la question de la reconnaissance du génocide des Arméniens par Israël suscitait de vives préoccupations en Azerbaïdjan : « Les intérêts de la Turquie, pays frère, ont toujours été une priorité pour l’Azerbaïdjan, et cette question a toujours constitué une ligne rouge pour nous. Dès que cette question a été soulevée, l’Azerbaïdjan, agissant sur instructions du Président, a entrepris des démarches diplomatiques intensives. Nous avons également fait savoir à la partie israélienne qu’une telle décision est, avant tout, injuste et ne reflète pas la réalité historique, et que nous ne la jugeons pas fondée. … L’aspect positif est que la partie israélienne a également pris au sérieux ces messages reçus de l’Azerbaïdjan. Nous estimons que l’on a ainsi évité une nouvelle escalade. À nos yeux, il se serait agi d’une mesure totalement injuste, ne reflétant en rien la réalité historique ».
CQFD, pour tous ceux qui se réjouissaient à l’avance de cette « reconnaissance » …
Concernant l’exigence de l’Azerbaïdjan de modifier la constitution arménienne ….
De son côté, l’Arménie pourrait, elle aussi, avant la signature d’un traité de paix, exiger de l’Azerbaïdjan qu’elle retire de sa constitution la phrase de son préambule qui fait de la République d’Azerbaïdjan actuelle l’héritière de celle de 1918-1920 : « Le 30 août 1991, le Soviet suprême adopte une déclaration ‘’Sur la restauration de l’indépendance étatique de la République d’Azerbaïdjan’’. Le 18 octobre suivant, il adopte un acte constitutionnel ‘’Sur la restauration de l’indépendance étatique de la République d’Azerbaïdjan’’ et précise que la République d’Azerbaïdjan est l’héritière de celle qui avait été proclamée le 28 mai 1918 et qui avait existé 23 mois, avant d’être intégrée à l’URSS ».
Car, dans ce décret fondateur de la « République d’Azerbaïdjan », est évoqué la Géorgie voisine, mais pas un mot sur l’Arménie et le décret précise « À partir d’aujourd’hui les peuples de l’Azerbaïdjan jouissent des droits souverains et l’Azerbaïdjan, composé des parties orientale et méridionale de la Transcaucasie, forme un État indépendant jouissant de tous les droits d’un État ».

Pour mémoire, en décembre 1920, la Société des Nations (SDN) avait rejeté sa demande d’adhésion en raison de l’instabilité de ses limites territoriales et de ses conflits armés non résolus avec ses voisins. De son côté, la Perse avait officiellement protesté contre l’accaparement par ce nouvel Etat du nom d’Azerbaïdjan qui est celui d’une région de ce pays. A aucun moment dans l’histoire, cette région située au nord du fleuve Araxe n’a été désigné sous le nom d’Azerbaïdjan.
Irazeg
DÉCRET DU CONSEIL NATIONAL DE L’AZERBAÏDJAN
PUBLIÉ LE 28 MAI 1918 À TIFLIS SUR L’INDÉPENDANCE DE L’AZERBAÏDJAN
Dans le cours de la grande révolution russe a été établie en Russie une organisation politique qui a amené la séparation de diverses parties de l’organisme de l’État et l’abandon de la Transcaucasie par les troupes russes.
Laissés à leurs propres forces, les peuples de la Transcaucasie ont pris en main leur propre sort et ont fondé la République Démocratique Fédérative de la Transcaucasie.
Cependant, au cours de ces événements politiques, le peuple géorgien a cru préférable de se séparer de la République Fédérative de la Transcaucasie et de former une République Démocratique particulière.
La situation politique actuelle de l’Azerbaïdjan, liée avec la fin de la guerre entre la Russie et l’Empire Ottoman, et aussi l’anarchie inouïe dans l’intérieur du pays forcent l’Azerbaïdjan consistant en Transcaucasie orientale et méridionale, à reconnaître la nécessité d’organiser un État à lui pour faire sortir les peuples de l’Azerbaïdjan de la pénible situation intérieure et extérieure où ils se trouvent.
Considérant cela, le Conseil national de l’Azerbaïdjan, élu par le suffrage populaire, proclame au nom du peuple ce qui suit :
- A partir d’aujourd’hui les peuples de l’Azerbaïdjan jouissent des droits souverains et l’Azerbaïdjan, composé des parties orientale et méridionale de la Transcaucasie, forme un État indépendant jouissant de tous les droits d’un État.
- La forme de l’organisation de l’Azerbaïdjan indépendant est la république démocratique.
- La République démocratique de l’Azerbaïdjan s’efforcera d’établir des rapports de bon voisinage avec tous les États et particulièrement avec les États limitrophes.
- La République démocratique de l’Azerbaïdjan garantit sur son territoire les droits civils et politiques à tous les citoyens, sans distinction de nationalité, de religion, de classe sociale, de position sociale ou de sexe.
- La République démocratique de l’Azerbaïdjan accorde a toutes les nationalités peuplant son territoire toutes les facilités pour se développer librement.
- Jusqu’à la convocation de l’Assemblée constituante, à la tête de l’administration de tout l’Azerbaïdjan se trouve le Conseil national, élu au suffrage universel et le Gouvernement Provisoire, responsable devant l’Assemblée nationale.
Hasan bey Aghaev, Fatali Khan Khoyski, Nasib bey Yusifbeyov, Kamo bey Hadjinski, Shafi bey Rustambeyov, Nariman Narimanbeyov, Cavad Malik-Yeganov, Mustafa Mahmudov
