L’Arménie et la Géorgie, des alliés objectifs ?

Géorgie 2

A l’occasion du 18e anniversaire de l’invasion russe, le Premier ministre Irakli Kobakhidze et le président Mikaeïl Kavelachvili se sont tous les deux exprimés au sujet des relations de leur pays avec la Russie. Le premier ministre géorgien, généralement considéré comme « pro-russe », a évoqué les perspectives de rétablissement des relations diplomatiques entre les deux pays et déclaré à ce sujet: « « Le rétablissement des relations diplomatiques entre la Géorgie et la Russie est impossible. Elles ne peuvent être rétablies tant que Moscou reconnaît l’indépendance de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud[1] ». Les propos du président qui n’a pourtant que des pouvoirs protocolaires sont particulièrement virulents comme l’atteste le billet de Vahram Atanesyan que nous publions ci-dessous. Sans doute une manière de relativiser l’attaque pourtant frontale et sans équivoque des deux responsables politiques géorgiens. Il semblerait que la position de la Géorgie à l’égard de la Russie, mais surtout de V. Poutine, ne soit désormais pas très éloignée de celle de l’Arménie. Les deux pays sont très clairement des alliés objectifs. Victimes de la duplicité de la Russie poutinienne, ces deux États ont connu d’importantes pertes territoriales directement, ou indirectement imputables à ce pays, tous deux ont besoin de « désoviétiser » leurs systèmes de défense et surtout, de construire des réseaux de communication contournant, pour l’heure, la mer noire et le col du Haut Lars grâce auquel la Russie ne cesse d’imposer ses dictats et sanctions au deux pays. C’est ensemble, que la Géorgie et l’Arménie pourraient s’ouvrir au monde et renforcer leur souveraineté.

Irazeg

Le président géorgien déclare que la Russie est un pays occupant

Vahram ATANESSIAN

« 1in.am », Erevan, le 11 août 2026

« Nous avons désigné ce pays – la Russie – comme un occupant ayant commis un crime à notre encontre. Il est de notoriété publique que deux de nos territoires [L’Ossétie du Sud et l’Abkhazie] sont occupés par la Fédération de Russie et que des crimes de guerre ont été perpétrés. » C’est ce qu’a déclaré le président géorgien Kavelachvili aux journalistes le 11 août, selon les informations de « Saqinform », en réponse à une question visant à savoir pourquoi les autorités « craignent de nommer le pays occupant ».

À l’occasion de l’anniversaire de la guerre russo-géorgienne, le ministère géorgien des Affaires étrangères a appelé la Russie à « retirer les forces d’occupation du territoire souverain du pays ». Dans le même temps, le Premier ministre Kobakhidze a déclaré « qu’on cherchait à instiller la russophobie en Géorgie, ce qui va à l’encontre des intérêts nationaux ».

Le président de la Géorgie a également déclaré de son côté aux journalistes que les anciennes autorités, qui avaient des responsabilités envers l’État et la population, « ont commis un acte irréfléchi et un crime contre leur propre peuple ». Selon Kavelashvili, l’opposition « tente d’empêcher la population de connaître la vérité sur la guerre ».

La Géorgie est une république parlementaire, le président y exerce une fonction purement honorifique, tandis que le pouvoir exécutif est détenu par le gouvernement, soutenu par la majorité parlementaire du parti « Rêve géorgien ». Il convient de noter que ni le parti au pouvoir ni son groupe parlementaire n’ont fait de déclaration publique à l’occasion de l’anniversaire de la guerre russo-géorgienne.

« Vous comprenez maintenant ce que j’ai dit, n’est-ce pas ? Vous prétendiez que je ne pouvais pas citer la Russie nommément. Eh bien, j’ai parlé de la Russie et de la situation actuelle », a déclaré le président géorgien en conclusion de son échange avec les journalistes.

Il est évident que les autorités de Tbilissi s’abstiennent systématiquement d’envenimer les relations avec la Russie.

De son côté, Moscou considère le dossier de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud comme clos et exhorte la Géorgie à « signer un pacte de non-agression et à procéder à la démarcation des frontières ».

Il a souligné que l’objectif de la Géorgie est le règlement pacifique du conflit avec la Russie.

« Nous espérons que cela deviendra possible grâce à des changements politiques. Le règlement pacifique du conflit figure parmi les priorités de notre politique étrangère », a-t-il ajouté. Toutefois, le Premier ministre a refusé de qualifier la Russie d’ennemi.

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  1. Cette région est de fait aujourd’hui intégrée à la Fédération de Russie.