L’environnement sécuritaire autour de l’Arménie évolue

Environnement sécuritaire 2

Vahram ATANESSIAN

« 1in am », Erevan, le 11 août 2026

Les autorités de Téhéran ne considèrent pas l’« Accord de La Mecque sur la défense commune », signé le 7 août par la Turquie, l’Arabie saoudite et le Pakistan, comme une « menace » pour l’Iran. C’est ce que, selon l’agence Meher, a déclaré Esmaeil Baghaei, porte-parole du ministère des Affaires étrangères de la République islamique. D’après le diplomate, l’Iran « entretient des liens religieux, historiques et culturels profonds avec ces trois pays. Il n’y a donc aucune raison d’affirmer que cet accord est dirigé contre Téhéran ». Selon le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, la signature de « l’ Accord de La Mecque » témoigne de la prise de conscience par les pays de la région qu’ils ne peuvent s’en remettre entièrement aux garanties de sécurité américaines. Cela indique que ces pays cherchent donc à renforcer leurs propres mécanismes de défense collective et à s’appuyer principalement sur leurs propres capacités.

Deux des parties à l’« Accord de La Mecque » — le Pakistan et la Turquie — agissent en tant que médiateurs dans le conflit armé qui oppose l’Iran aux États-Unis. En pratique, les garanties de sécurité américaines se sont révélées inefficaces pour l’Arabie saoudite, les bases américaines situées sur son territoire ayant été la cible d’attaques de missiles et de drones menées par l’Iran.

L’accueil favorable réservé par Téhéran à « l’Accord de La Mecque » s’explique probablement par deux facteurs. Premièrement, cet accord vise à freiner les ambitions régionales d’Israël, ce qui correspond naturellement aux intérêts de l’Iran. Mais on peut aussi imaginer que Téhéran a reçu des assurances selon lesquelles l’Azerbaïdjan ne rejoindrait pas cette alliance. Les « amabilités » récemment échangées entre les présidents iranien et azerbaïdjanais en témoignent.

Dans la conjoncture actuelle, le nouvel équilibre des forces semble revêtir une « portée déclarative » pour le Moyen-Orient. Mais une déclaration diplomatique est une chose, tandis que la politique de sécurité réelle en est une tout autre. À cet égard, les évolutions en cours autour du Caucase du Sud, et en particulier de l’Arménie, ne sauraient rester sans conséquences.