La révolution islamique alternative à la démocratie en Azerbaïdjan ?
Vahram ATANESSIAN
« 1in.am », Erevan, le 12 août 2026
La question de l’enregistrement officiel du mouvement « Unité musulmane » est actuellement débattue en Europe, rapporte « Minval Politika », un média pro-gouvernemental basé à Bakou, précisant que ce mouvement a été fondé en Azerbaïdjan en 2015 par le théologien Taleh Baghirzade et qu’il « a attiré l’attention en raison de ses activités radicales pro-iraniennes ». Selon cet article, les partisans du mouvement « agissent depuis plusieurs années à l’encontre de l’État azerbaïdjanais et ont déclaré leur intention d’instaurer un État fondé sur la charia ».
Taleh Baghirzade a été condamné à une lourde peine de prison en Azerbaïdjan. Lui et des dizaines de ses partisans ont été inculpés de « préparation d’un acte terroriste » et de « haute trahison ». Les organisations internationales de défense des droits humains considèrent Baghirzade et quelque trois cents croyants détenus comme des prisonniers politiques.
Le média azerbaïdjanais n’a cité aucune preuve quant aux pays européens qui discutent de l’« enregistrement », c’est-à-dire de la légalisation des activités, du mouvement « Unité musulmane ». Mais il fait référence à des informations parues dans la presse concernant un « citoyen britannique d’origine azerbaïdjanaise » qui aurait « fourni au Corps des gardiens de la révolution islamique des renseignements sur les bases militaires britanniques à Chypre ». On ignore l’identité de ce « ressortissant britannique d’origine azerbaïdjanaise », la date de son départ ou de son expulsion d’Azerbaïdjan, ainsi que la véracité des affirmations selon lesquelles il serait membre du mouvement « Unité musulmane ». Cependant, un média azerbaïdjanais a mis en garde l’Europe contre les « surprises que pourrait bien réserver ce mandataire iranien ».
Ces dernières années, Ilham Aliev a critiqué à plusieurs reprises les pays européens pour leur présumée « islamophobie ». Les Azerbaïdjanais expatriés en Europe ont toujours répliqué en soulignant la répression subie par les musulmans.
Si un pays européen venait à légaliser les activités du mouvement « Unité musulmane » sur son territoire, cela signifierait tout simplement que les musulmans de « l’Europe chrétienne » jouissent d’une plus grande liberté que ceux de l’Azerbaïdjan musulman.
En ce sens, la préoccupation première du média azerbaïdjanais ne concerne pas « l’extrême islamisation » de l’Europe, mais plutôt le risque de voir la question de la liberté de religion et de conviction mise en lumière en Azerbaïdjan. On se souviendra à cette occasion qu’il y a plus de vingt ans, l’analyste des conflits Arif Yunusov formulait une observation déjà particulièrement pertinente: « L’alternative à la démocratie en Azerbaïdjan est une révolution islamique. »
