L’ultimatum moral de Zakharova à Pachinian

Զախարովա-Փաշ

« Vous pouvez arrêter de mentir à votre peuple. Ayez le courage de dire la vérité au moins une fois »

Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, a violemment réagi sur les réseaux sociaux aux récentes déclarations du Premier ministre arménien. Nikol Pachinian avait justifié la suppression du terme « alliance stratégique » avec la Russie dans le nouveau programme de son gouvernement en invoquant l’inaction de l’OTSC (Organisation du Traité de Sécurité Collective) en septembre 2022.

S’adressant directement à lui avec fermeté, Zakharova a écrit : « Nikol Vovaiévitch, les élections sont terminées dans votre pays. Vous pouvez arrêter de raconter des sornettes à votre peuple (de suspendre des nouilles aux oreilles de votre peuple, selon l’expression russe). Prenez votre courage à deux mains et dites la vérité, au moins une fois, telle qu’elle s’est réellement passée. »

La responsable russe a rappelé qu’en septembre 2022, l’OTSC avait réagi rapidement en envoyant une mission d’évaluation en Arménie. Elle a ajouté qu’en novembre 2022, lors du sommet de l’OTSC à Erevan, un projet de résolution prévoyant un soutien militaire, politique et frontalier à l’Arménie était prêt, mais que Pachinian avait personnellement refusé de le signer.

De plus, Zakharova a souligné la déclaration de Prague du 6 octobre 2022, par laquelle Pachinian, sous l’égide de l’Union européenne, a reconnu l’intégrité territoriale de l’Azerbaïdjan sur 86 600 kilomètres carrés, incluant le Haut-Karabagh.

« Lorsqu’on vous pose des questions gênantes, arrêtez de rejeter la faute sur tous ceux que vous n’aimez pas personnellement : Moscou, l’OTSC, l’Azerbaïdjan, les anciens dirigeants arméniens, l’Église apostolique arménienne, les Arméniens du Karabagh et leurs enfants. C’est immoral. Tout le monde est coupable pour vous, sauf vous-même », a-t-elle conclu. Zakharova a par ailleurs mis en garde Erevan : si l’Arménie souhaite envoyer une nouvelle note de protestation, elle devra prouver en quoi ces faits historiques seraient prétendument « faux ».