La fête champêtre de la Sainte-Croix des Arméniens catholiques de France : un prélude à la renaissance du centre mekhitariste de Sèvres

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Le dimanche 13 septembre, l’association Sainte-Croix des Arméniens catholiques de France a organisé sa grande fête champêtre traditionnelle, marquée cette année par un choix de lieu hautement symbolique. L’événement s’est en effet tenu au cœur du domaine historique du collège Samue-Moorat des pères Mekhitaristes, à Sèvres, tirant ainsi les lieux de près de sept années de sommeil. Cette longue inactivité générale s’expliquait par l’inaccessibilité du site, qui avait jusqu’alors empêché l’organisation de tout rassemblement. Cette année, cependant, une autorisation exceptionnelle a permis de nettoyer et d’aménager les jardins… situés à l’avant de l’établissement. Ainsi, sans même investir les bâtiments intérieurs, le domaine a pu accueillir avec succès près de 350 compatriotes. Il convient de souligner que l’annonce de cet événement avait suscité un vif écho au sein de la communauté.

La journée a débuté à 11 heures par la messe solennelle de l’Exaltation de la Sainte-Croix, célébrée par Monseigneur Élie Yéghiayan, évêque de l’Éparchie Sainte-Croix-de-Paris des Arméniens catholiques de France.

Plusieurs personnalités ont honoré l’événement de leur présence, parmi lesquelles Zareh Sinanyan, Haut-Commissaire aux affaires de la diaspora de la République d’Arménie, Jean-Yves Tolot, président de L’Œuvre d’Orient, les révérends pasteurs René et Gilbert Léonian, ainsi que divers représentants d’associations et d’organisations communautaires. De nombreuses familles s’y sont pressées, toutes générations confondues. Parmi elles figuraient d’anciens élèves du collège Samuel-Moorat, évoquant avec nostalgie leurs années d’études. L’intelligentsia arménienne était également représentée, notamment par l’éminent historien Claude Mutafian et d’autres personnalités publiques.

Dans le prolongement de cette initiative visant à raviver l’esprit de communion, l’atmosphère s’est animée à l’issue d’un copieux déjeuner, laissant place à un programme artistique de qualité. La chanteuse Aïda Mahdès s’est produite sur scène, accompagnée au clavier par Arsen Sefer, instaurant une ambiance véritablement festive et chaleureuse, tandis que des spectacles de danse sont venus rythmer l’après-midi. Divers jeux et activités avaient par ailleurs été prévus pour les enfants, permettant ainsi à leurs parents de profiter pleinement de la journée en toute quiétude. Le programme s’est finalement clôturé par une tombola.

Ajoutons que plusieurs stands animaient les lieux, proposant des objets artisanaux, des souvenirs, des vins, etc. Parmi eux, le journal Nor Haratch tenait également son propre espace.

La communauté arménienne catholique déploie aujourd’hui des efforts considérables pour faire revivre le vaste domaine historique de Sèvres, sauvegarder cet héritage et le remettre à la disposition des associations et organisations arméniennes. Les travaux de rénovation nécessiteront, bien entendu, des investissements colossaux et un travail de longue haleine. Les bâtiments abritant des valeurs patrimoniales placées sous la protection de l’État, la moindre intervention architecturale requiert l’autorisation officielle des instances compétentes. Ce processus complexe est d’ores et déjà enclenché, et de premières avancées prometteuses ont été réalisées. Il est à noter que ce projet d’envergure, visant à restaurer le centre Samuel-Moorat, est piloté par Ara Aharonian, qui avait déjà dirigé avec succès le chantier de rénovation de la cathédrale Sainte-Croix de Paris.

Plus qu’un simple rassemblement de routine, cette fête champêtre a marqué une étape décisive, un pas assuré sur la voie du sauvetage et de la renaissance de notre patrimoine historique.

C. I.