Pachinian : « L’Arménie n’est pas le mentor de la diaspora, et la diaspora ne peut pas être le mentor de l’Arménie »

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Le Premier ministre arménien Nikol Pachinian envisage le nouveau modèle des relations Arménie-Diaspora non pas comme un mentorat mutuel ou une simple aide, mais comme un partenariat autour de l’agenda de développement de l’Arménie. Lors d’un point de presse, Pachinian a cité les projets de Firebird AI, de TUMO et du Fonds de dotation pour les Enfants d’Arménie (COAF) comme exemples de cette collaboration.

Évoquant les récents débats autour de la formule « Une diaspora forte signifie une Arménie forte », le Premier ministre a d’abord demandé ce que l’on entendait par « diaspora forte ».

« En parlant de diaspora forte, que voulons-nous dire tout d’abord ? Voulons-nous dire que le nombre d’Arméniens de la diaspora doit augmenter ? Dans le cas d’une augmentation de la diaspora, il est difficile d’imaginer comment l’Arménie pourrait se renforcer, car le nombre d’Arméniens de la diaspora ne peut croître qu’à la suite d’une émigration depuis l’Arménie. Or, notre politique est celle de l’immigration », a déclaré Pachinian.

Selon lui, la politique d’immigration porte déjà ses fruits, et il est probable que l’Arménie enregistre, pour la deuxième année consécutive, une tendance à l’immigration plutôt qu’à l’émigration.

Pachinian a également attribué une partie des problèmes passés dans les relations Arménie-Diaspora à une compréhension incomplète de la nature de l’État et des relations internationales :

« Quand nous parlons de diaspora, nous oublions souvent qu’il s’agit d’un autre pays. Quand nous disons que nous allons faire ceci ou cela là-bas, nous oublions qu’il s’agit du territoire d’un autre État. Est-il acceptable pour ce pays que le gouvernement d’un autre État vienne y mettre en œuvre des projets et diriger des processus ? C’est la conséquence de notre méconnaissance des concepts d’État et de relations internationales », a expliqué le Premier ministre.

À son avis, une telle perception peut également créer des tensions.

« L’Arménie n’est pas le mentor de la diaspora, elle ne doit pas l’être et ne peut pas l’être. Et la diaspora ne peut pas non plus être le mentor de l’Arménie », a souligné Pachinian.

Le Premier ministre a également abordé l’influence de la diaspora dans les relations entre l’Arménie et d’autres États, notant que cette influence peut être bilatérale.

« Il nous semble que la diaspora est un moyen d’influence pour l’Arménie dans le pays d’accueil, mais l’inverse existe aussi, et nous l’avons vu récemment. C’est la diaspora qui devient un moyen pour ce pays d’exercer une influence sur l’Arménie », a déclaré Pachinian.

Revenant sur les anciennes formes de soutien économique de la diaspora, le Premier ministre a de nouveau évoqué la question des marchandises d’occasion envoyées en Arménie.

« Nous n’avons pas besoin de marchandises de ‘seconde main’. Cette page doit être tournée. Mais cela ne signifie pas que nous n’apprécions pas les époques où nous avions besoin, entre autres, de vêtements de ‘seconde main’ et où la diaspora nous les fournissait. Nous ne sommes pas ingrats et nous en sommes reconnaissants. Il fut un temps où nous avions besoin de soja, tout comme de vêtements d’occasion. Ce que je dis, c’est qu’un changement qualitatif doit avoir lieu », a noté Pachinian.

Selon le Premier ministre, le modèle actuel souhaité pour les relations Arménie-Diaspora est la participation à des programmes de développement.

« Pour moi, les relations Arménie-Diaspora, c’est le projet Firebird. Mais avant Firebird, nous avons TUMO. Pour moi, l’un des points les plus importants de ces relations, c’est TUMO. Ou encore l’activité de la fondation COAF en Arménie. Ces deux organisations apportent déjà une contribution énorme et cruciale au développement de l’Arménie », a-t-il affirmé.

D’après Pachinian, le gouvernement est prêt à coopérer étroitement avec les initiatives qui s’alignent sur l’agenda de l’État arménien et la stratégie gouvernementale.

« C’est ainsi que nous concevons nos relations avec la diaspora : comme un agenda de développement. Nous sommes reconnaissants et apprécions hautement toutes les initiatives qui coïncident avant tout avec l’agenda de l’État arménien et la stratégie du gouvernement. Nous entretenons une coopération très profonde et éprouvons un grand sentiment de gratitude envers ces organisations », a conclu le Premier ministre.