Assemblée du Conseil Spirituel Suprême au Saint-Siège d’Etchmiadzine

ԳՀԽ

L’Église juge inacceptable l’ingérence de l’État dans ses affaires internes

Sous la présidence de Karékine II, Catholicos de tous les Arméniens, le Conseil Spirituel Suprême (CSS) a tenu son assemblée ordinaire du 15 au 17 septembre au Saint-Siège d’Etchmiadzine. Les sessions ont été dirigées par l’archevêque Nathan Hovhannissian, en présence notamment des représentants des Patriarcats arméniens de Constantinople et de Jérusalem, respectivement l’archevêque Aram Atechian et l’évêque Theodoros Zakarian.

La crise des relations « entre l’Église et l’État » a été au cœur des débats. Le CSS a fermement condamné « la politique continue d’ingérence des autorités arméniennes dans la affaires internes de l’Église, ainsi que les répressions exercées par le biais des leviers étatiques ». Des rapports détaillés ont été présentés par des juristes sur les poursuites pénales visant des ecclésiastiques, tandis que l’administration du Saint-Siège a dénoncé « les obstacles artificiels  dressés par les autorités nationales et locales : blocage de projets éducatifs et caritatifs, refus d’enregistrement de droits de propriété et de permis de construire. » Le Conseil a acté que de tels agissements violent l’autonomie constitutionnelle de l’Église et portent gravement atteinte aux intérêts nationaux, exigeant la levée immédiate des entraves au service régulier des ecclésiastiques.

Pour rappel, le gouvernement arménien a consacré un chapitre distinct de son programme à l’Église, affichant son intention d’imposer le départ du Catholicos Karékine II d’ici 2031 et de procéder à l’élection d’un locum tenens. Les autorités soulignent que ces mesures ne sont pas dirigées contre l’Église en tant qu’institution, mais qu’elles visent au contraire à assainir ses rangs et à mettre certains ecclésiastiques face à leurs responsabilités. Ce processus s’est encore accéléré au cours de l’année écoulée, marquée par l’ouverture de poursuites pénales à l’encontre du Catholicos et de plusieurs évêques, tandis qu’un groupe de hauts dignitaires religieux a été emprisonné de longs mois sous divers chefs d’accusation.

Outre ces enjeux politiques, l’assemblée s’est penchée sur la vie interne de l’Église. Des discussions ont porté sur la révision des documents canoniques et le développement des institutions éducatives. Les rapports du séminaire théologique Guevorgian et du Centre d’éducation chrétienne ont mis en lumière les efforts déployés pour améliorer la qualité de l’enseignement, enrichir le corps professoral et étendre le réseau des écoles du dimanche. Les travaux de ces trois journées se sont clôturés par la bénédiction et les mots d’appréciation de Sa Sainteté le Catholicos.