La tactique de Bakou : brandir l’expérience arménienne pour intimider les autres 

Ազերպայճան ԱԳՆ

Le MAE azerbaïdjanais exhorte le Patriarcat de Géorgie « à ne pas suivre l’exemple de l’Église arménienne »

Enivré par son complexe de « vainqueur », Bakou ne semble plus se contenter de la simple appropriation et destruction du patrimoine historique et culturel arménien. Le facteur arménien, qui a été pendant des décennies la cible principale de la propagande arménophobe interne de l’Azerbaïdjan, se transforme progressivement en un « gourdin » régional et en un outil de pression psychologique.

Cette déclaration sévère du ministère des Affaires étrangères (MAE) de l’Azerbaïdjan adressée au Patriarcat géorgien, l’appelant ouvertement « à ne pas suivre l’exemple de l’Église arménienne », est par essence une menace voilée dirigée contre un État voisin. Bakou suggère indirectement à ses voisins ce qui pourrait arriver à ceux qui oseraient se montrer revendicatifs ou simplement s’inquiéter du sort de leurs propres lieux de culte. Cela démontre non seulement le véritable visage intolérant et expansionniste de l’Azerbaïdjan, mais constitue également un signal d’alarme clair : l’agression perpétrée contre les Arméniens crée un précédent qui pourrait demain, le cas échéant, être appliqué à d’autres.

Le ministère azerbaïdjanais des Affaires étrangères a publié une déclaration concernant la position adoptée par le Patriarcat géorgien au sujet de l’église de Kourmoukhi (Kurmuk), située sur le territoire azerbaïdjanais.

Auparavant, le Patriarcat géorgien avait publié un communiqué indiquant que les travaux menés dans la cathédrale Saint-Georges, dans la région historique d’Héréthie, et sur son territoire adjacent étaient préoccupants. « Bien que la cathédrale de Kourmoukhi soit située sur le territoire de l’Azerbaïdjan, elle demeure l’un des monuments les plus importants du patrimoine historique et spirituel de notre pays et de notre Église », soulignait la déclaration.

La diplomatie azerbaïdjanaise a vivement réagi à cette approche, affirmant que la récente déclaration du Patriarcat géorgien « contredit l’esprit des relations amicales et de bon voisinage existant entre l’Azerbaïdjan et la Géorgie ». Bakou a également ajouté qu’il était inacceptable de présenter des toponymes géographiques et historiques situés sur le territoire azerbaïdjanais sous d’autres appellations.

« Les organisations religieuses doivent s’abstenir de prendre des positions susceptibles de nuire aux relations historiques d’amitié et de bon voisinage forgées au fil des siècles entre les peuples de l’Azerbaïdjan et de la Géorgie. À cet égard, nous appelons le Patriarcat de Géorgie à ne pas copier les approches de l’Église arménienne et à ne pas suivre son exemple », conclut la partie azerbaïdjanaise.