Ankara–Bakou : de nouveaux signes de tension

Էրտո-Ալիեւ

Les divergences apparues ces dernières semaines entre la Turquie et l’Azerbaïdjan connaissent de nouveaux développements. Alors que les deux alliés affichent des positions qui ne convergent pas sur le choix du prochain secrétaire général des Nations unies, l’absence du président azerbaïdjanais Ilham Aliev au sommet organisé à Ankara soulève de nouvelles interrogations sur l’état de leurs relations.

La succession à la tête de l’ONU, nouveau sujet de discorde ?

Ankara envisage de présenter la candidature de Feridun Sinirlioğlu, actuel secrétaire général de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), au poste de secrétaire général des Nations unies. De son côté, Bakou a accueilli favorablement la candidature de Lana Zaki Nusseibeh, présentée par les Émirats arabes unis.

Le 27 octobre, le porte-parole du ministère azerbaïdjanais des Affaires étrangères, Ayhan Hadjizade, a souligné que le choix du futur secrétaire général devait reposer sur l’expérience diplomatique des candidats, leur impartialité et leur capacité à favoriser le consensus entre les États membres.

Si Bakou n’a formulé aucune critique directe à l’égard d’une éventuelle candidature turque, il n’a pas davantage précisé s’il entendait apporter son soutien à la représentante émiratie lors du processus de désignation.

Le mandat de l’actuel secrétaire général de l’ONU, António Guterres, s’achèvera le 31 décembre. Son successeur doit prendre ses fonctions le 1er janvier 2027.

Aliev absent du sommet d’Ankara

Un autre épisode est venu alimenter les interrogations sur les relations entre les deux alliés. Le 30 octobre, le président azerbaïdjanais Ilham Aliev n’a pas participé au 13e sommet de l’Organisation des États turciques, organisé à Ankara.

Cette absence est d’autant plus remarquée que le président turc Recep Tayyip Erdoğan l’avait personnellement invité lors d’un entretien téléphonique, le 21 octobre. L’Azerbaïdjan a finalement été représenté par son ministre des Affaires étrangères, Jeyhun Bayramov.

Selon les médias azerbaïdjanais, l’absence d’Ilham Aliev s’explique par des engagements pris de longue date et par un agenda particulièrement chargé. Le président devait notamment assister, à Bakou, à la cérémonie de remise des prix d’une compétition de football destinée aux moins de 15 ans, organisée dans le cadre d’un tournoi et d’un festival liés à la FIFA.

Ces explications n’ont toutefois pas dissipé les interrogations suscitées par cette défection, dans un contexte marqué par les récentes tensions entre Ankara et Bakou au sujet des restrictions imposées au port du voile dans les établissements scolaires azerbaïdjanais.

Les critiques formulées par certaines personnalités politiques turques avaient provoqué le mécontentement des autorités de Bakou, qui y avaient vu une ingérence dans les affaires intérieures de leur pays.

Malgré les gestes d’apaisement entrepris par Ankara, notamment pour mettre un terme à cette polémique, l’absence d’Ilham Aliev au sommet a donné lieu à de nouvelles spéculations sur la profondeur des désaccords entre les deux capitales.

Aucune confirmation officielle ne permet cependant d’affirmer que sa décision de ne pas se rendre à Ankara était directement liée à ces tensions diplomatiques.