L’affaire Epstein ébranle la Turquie : Erdogan et Davutoğlu cités dans les dossiers
« Abus et prostitution : tous les regards braqués sur la Turquie »
La récente déclassification par la justice américaine de nouveaux documents liés à l’affaire Jeffrey Epstein a provoqué une onde de choc mondiale, qui n’a pas épargné la Turquie. Des données ont émergé, pointant vers des cas d’enlèvement et d’exploitation sexuelle de mineures en provenance de Turquie. Plus grave encore, des noms de hauts dignitaires turcs, dont celui du président Erdogan, circulent dans le cadre de l’affaire, déclenchant une véritable tempête politique à Ankara.
Trafic de mineures et correspondances compromettantes
Les dernières révélations des « Epstein Files » ont de lourdes retombées politiques en Turquie. Les noms du président Recep Tayyip Erdogan et de l’ancien ministre des Affaires étrangères, Ahmet Davutoğlu, sont apparus dans les correspondances publiées. Le parti « Futur » de Davutoğlu a réagi en affirmant que cela était lié aux efforts de lutte contre le lobbying arménien aux États-Unis pour la reconnaissance du Génocide.
Selon le service turc de la Deutsche Welle (DW Turkish), Jeffrey Epstein, condamné pour crimes sexuels et trafic d’êtres humains, aurait transporté des mineures de Turquie vers son île privée ; une allégation figurant dans les documents judiciaires américains. Les procureurs turcs examinent actuellement les quelque 3 millions de documents nouvellement publiés par le département de la Justice américain.
Ces accusations ont intensifié la pression politique sur Ankara, exigeant une enquête plus large sur les soupçons de trafic d’enfants turcs vers « l’île d’Epstein ». Le parquet turc a annoncé que l’examen des nouveaux documents fait partie intégrante de cette enquête.
Jeffrey Epstein a dirigé pendant des années un vaste réseau d’abus et de trafic, faisant de nombreuses victimes parmi les jeunes femmes et les enfants. L’homme d’affaires de 66 ans a été retrouvé mort dans sa cellule en 2019, dans des circonstances jugées suspectes par certains, bien que les autorités aient conclu au suicide.
L’affaire continue de capter l’attention mondiale en raison des liens étroits d’Epstein avec des figures influentes de la politique, de l’économie et de la culture (de Trump et Clinton à Bill Gates et au Prince Andrew). La simple mention d’un nom dans les dossiers ne prouve pas une complicité criminelle, mais souligne l’appartenance au cercle de relations de ce prédateur.
Répercussions en France : Jack Lang et théories du complot
En France, le nom qui revient le plus souvent depuis le retour du dossier à la une est celui de l’ancien ministre de la Culture, Jack Lang, cité à de multiples reprises. Il nie toute implication, affirmant avoir ignoré la face sombre d’Epstein. Notons d’ailleurs qu’à la suite de cette récente tempête médiatique, M. Lang a démissionné de son poste de président de l’Institut du Monde Arabe (IMA) à Paris.
Par ailleurs, parallèlement au retentissement mondial de l’affaire, des rumeurs circulent sur les réseaux sociaux, appuyées par des vidéos ou photos (dont l’authenticité reste sujette à caution à l’ère de l’IA), suggérant qu’Epstein serait en vie et mènerait une existence luxueuse en Israël. Ces spéculations sont alimentées par la conviction que, pour un homme de sa fortune, rien n’est impossible dans le nouvel ordre mondial.