« Enfermés, mais toujours debout »
Le message de Davit Babayan depuis la prison de Bakou
La famille de Davit Babayan, captif à Bakou, a transmis le 19 août à News.am un enregistrement dans lequel il tire de nouveau la sonnette d’alarme, depuis la prison azerbaïdjanaise, concernant la violation de leurs droits. Il a également souligné que les prisonniers détenus à Bakou souffrent de graves problèmes de santé.
L’ancien ministre des Affaires étrangères de l’Artsakh a fait savoir que la cour d’appel a maintenu la décision de première instance condamnant Babayan à la prison à vie. Il qualifie l’audience en appel de « mise en scène, un scénario écrit d’avance ».
Les prisonniers arméniens font appel de la décision de première instance afin de pouvoir s’adresser ultérieurement aux instances internationales. Seul Ruben Vardanian a refusé de faire appel, mais malgré cela, la représentante des prisonniers arméniens, Siranush Sahakian, a déjà déposé une plainte auprès de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) concernant le dossier de l’ancien ministre d’État de l’Artsakh.
« Cette nouvelle étape formelle a pour but de saisir un tribunal international. Dans mon dossier, ils ont ajouté deux autres chefs d’accusation passibles de la réclusion à perpétuité, qui n’avaient pas été mentionnés pendant tout le procès. Je m’en suis aperçu après la fin du procès : c’était une note abrégée, ce qui est inadmissible. L’un des avocats de la défense ici a déclaré qu’ils ne voulaient pas que l’affaire atteigne un tribunal international, car 90 % des accusations sont fabriquées de toutes pièces et il n’y a aucune preuve », indique l’enregistrement de Babayan.
L’ancien ministre des Affaires étrangères de l’Artsakh prouve par son propre cas que les accusations sont montées de toutes pièces. « On m’a notamment condamné à perpétuité en vertu d’un article stipulant que je voulais renverser le gouvernement, la Constitution et m’emparer du pouvoir dans ce pays. Y a-t-il la moindre preuve que, me trouvant ici, j’aie participé à une lutte pour le pouvoir ? Si tel était le cas, je devrais avoir des complices ici, mais ils ne donnent aucune réponse. On ne m’a posé aucune question à ce sujet, ni pendant l’enquête, ni pendant le procès en première instance. Et dans ces conditions, ils veulent me condamner à la perpétuité », souligne le message vocal envoyé depuis la prison azerbaïdjanaise.
Plus tôt, lors d’entretiens téléphoniques organisés par les autorités azerbaïdjanaises avec leurs familles, d’autres anciens dirigeants du Haut-Karabakh — l’ancien ministre d’État Ruben Vardanian, l’ancien président de l’Assemblée nationale Davit Ishkhanian et l’ancien commandant adjoint de l’Armée de défense du Haut-Karabakh Davit Manukian — avaient également dénoncé les violations flagrantes de leurs droits devant la justice azerbaïdjanaise.
Au début de cette année, 16 Arméniens (les verdicts des 3 autres ayant été prononcés plus tôt) ont été condamnés à des peines allant de 20 ans de prison à la perpétuité, sous des accusations de crimes de guerre graves. En Azerbaïdjan, pays connu pour ses violations flagrantes des droits de l’homme, les procès se déroulent à huis clos, en l’absence d’observateurs internationaux et de médias.
