« C’est du pur nazisme et un génocide »
(G-à-d) Ivan Knyazev, Semion Ouralov et Alexeï Tchadajev,
Լ’Azerbaïdjan lance un mandat d’arrêt international contre des personnalités russes s’exprimant sur l’Artsakh
Le bureau du procureur général d’Azerbaïdjan a émis le 18 août un mandat de recherche international à l’encontre de trois citoyens russes, en raison de leurs critiques acerbes sur l’occupation de l’Artsakh et de leurs déclarations virulentes à l’encontre des dirigeants du pays.
Les personnes visées par ce mandat sont Ivan Knyazev, journaliste de la chaîne « Moscou 24 », Alexeï Tchadajev, conseiller du ministre russe des Transports et politologue, ainsi que Semion Ouralov, expert en médias. Officiellement, Bakou accuse ces figures publiques d’avoir « lancé des appels portant atteinte à l’intégrité territoriale du pays, visant à renverser l’ordre constitutionnel et à inciter à la haine interethnique ».
En réalité, la colère de la partie azerbaïdjanaise a été déclenchée par les analyses livrées lors de l’émission YouTube « Pureté de la compréhension », animée par Semion Ouralov. Lors de la diffusion du 14 juillet, en réaction au forum des médias tenu à Chouchi et au soutien affiché par Bakou à la souveraineté ukrainienne, Alexeï Tchadajev a ouvertement discuté de scénarios de destruction et de démembrement de l’État azerbaïdjanais. Il a évoqué la possibilité de céder ses territoires à des pays tiers et d’attiser le séparatisme en utilisant les facteurs « Talysh » et « Lezgin », allant jusqu’à lancer un appel direct à l’intervention militaire.
Plus tard, lors de l’émission du 13 août, Semion Ouralov a qualifié l’occupation de l’Artsakh par l’Azerbaïdjan de « pur nazisme » et de « génocide », soulignant que Bakou avait « nettoyé la terre de ses habitants ». Il a par ailleurs affirmé que la Russie, en tant que successeur de l’Union soviétique, a le droit de juger les dirigeants des pays indépendants selon la législation soviétique : « Toute personne née avant 1991 relève de la juridiction russe. Même si vous êtes de Bakou, ou si vous êtes le président de l’Azerbaïdjan, vous êtes un citoyen de l’Union soviétique ; par conséquent, nous avons le droit de vous juger selon la loi », a-t-il déclaré.
Les analystes notent que Bakou est extrêmement sensible à toute accusation de génocide et de nettoyage ethnique, consciente que la communauté internationale n’a jamais reconnu la légitimité de la « solution » militaire imposée en Artsakh.
Fait marquant de cette escalade : le jour même du lancement de ces poursuites pénales par Bakou, le chef de la communauté azerbaïdjanaise de Moscou, Bakhtiyar Hasanov, a été immédiatement expulsé du territoire russe, dans ce qui s’apparente à une mesure de rétorsion.
