Siranush Sahakian : « Les tatouages en forme de croix des prisonniers arméniens détenus à Bakou ont été brûlés et retirés de leur peau »
Lors d’une conférence de presse tenue le 4 septembre, Siranush Sahakian, représentante des intérêts des prisonniers de guerre arméniens devant la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) et directrice du Centre de droit international et comparé, a mis en lumière les graves manifestations de discrimination religieuse à l’encontre des captifs arméniens détenus en Azerbaïdjan.

Elle a souligné que tous les Arméniens illégalement détenus en Azerbaïdjan sont chrétiens, et que le facteur religieux joue un rôle déterminant dans le traitement qui leur est infligé. Mme Sahakian a précisé que les rapports internationaux font état d’actes ciblés contre les symboles religieux : les tatouages en forme de croix ont notamment été retirés de la peau des prisonniers par des brûlures et des actes de torture. Par ailleurs, il a été interdit aux détenus de posséder une Bible, et dans certains cas, ils ont été contraints de lire le Coran. Selon la défenseure des droits, l’appartenance à la foi et à la culture chrétiennes rend le dialogue civilisationnel avec l’Azerbaïdjan encore plus difficile.
D’autre part, abordant le cas de Ruben Vardanian et des autres prisonniers, Mme Sahakian a annoncé que les traductions anglaises de l’acte d’accusation et du verdict concernant Vardanian ont été publiées dans leur intégralité pour la première fois sur le site « Free Armenian Prisoners ». Ces documents, qui totalisent environ 3 300 pages, ont servi de base à un tribunal militaire azerbaïdjanais pour condamner un civil à 20 ans de prison.
Siranush Sahakian a lancé un appel pressant aux communautés juridiques et académiques internationales, les exhortant à étudier ces documents et à formuler une évaluation professionnelle, d’autant plus que les éléments publiés concernent également le reste des prisonniers arméniens. Elle a insisté sur le fait que cette affaire dépasse largement le sort d’un seul individu : elle touche directement au droit à un procès équitable, à la qualité de la justice et à la protection des droits fondamentaux, appelant la communauté des experts à ne pas laisser les condamnations sans preuves devenir une norme établie.
