Gestion clanique, parjures et persécutions… 

Գարեգին

Publication d’un rapport sur la crise au sein de l’Église apostolique arménienne

Le Centre des relations publiques et de l’information, rattaché au cabinet du Premier ministre de la République d’Arménie, a rendu public un rapport exhaustif de 74 pages très denses, intitulé : « De la crise née au sein de l’Église du fait des agissements de son chef de facto et de plusieurs hauts dignitaires de l’Église apostolique arménienne, et des voies pour la surmonter ». Élaboré sur instruction du Premier ministre, ce document s’inscrit dans le cadre du programme gouvernemental 2026-2031.

S’appuyant exclusivement sur des sources ouvertes et des données légalement accessibles — étayées par plus de 250 références —, ce rapport a pour objectif de documenter la crise interne qui secoue l’Église et de proposer des pistes de résolution. Le document prend soin de préciser que cette démarche ne vise aucunement à remettre en cause les fondements dogmatiques, la Sainte Tradition ni l’ordre canonique de l’institution. Bien au contraire, elle entend dénoncer les violations de ces mêmes fondements, et ce, afin de défendre l’identité et l’autonomie de l’Église. Le texte souligne par ailleurs que les réformes doivent être conduites avec la participation consultative de la hiérarchie ecclésiastique et de la communauté des fidèles, l’État n’intervenant que dans le strict périmètre de ses prérogatives législatives.

En confrontant les éléments recueillis au Code canonique de l’Église apostolique arménienne, aux canons apostoliques, aux statuts de l’Assemblée ecclésiastique nationale de 1945 et à la législation arménienne, le rapport dresse un constat en seize points illustrant la crise. Y sont notamment dénoncés les manquements au vœu de célibat (kousakronoutiun) et l’impunité face aux atteintes à l’intégrité morale, les persécutions arbitraires et les défroquages abusifs frappant certains clercs, de même que l’opacité financière et l’utilisation détournée du patrimoine foncier de l’Église.

Outre ces griefs, les conclusions pointent du doigt les ordinations fondées sur des liens de parenté, une gouvernance clanique, la politisation du Saint-Autel et l’infiltration d’influences étrangères. L’interruption de l’Assemblée ecclésiastique nationale depuis vingt-sept ans, l’absence d’une constitution ecclésiale unifiée et les divisions apparues au sein des diocèses de la diaspora sont également identifiées comme des facteurs aggravants de cette crise.

En guise de sortie de crise, le rapport suggère une feuille de route articulée en cinq étapes :

  • Première étape : Clarification et proclamation publique de l’agenda des réformes.
  • Deuxième étape : Révocation (mise à la retraite) du chef de facto de l’Église apostolique arménienne.
  • Troisième étape : Élection d’un locum tenens (vicaire général) patriarcal.
  • Quatrième étape : Adoption d’une constitution unifiée pour l’Église apostolique arménienne.
  • Cinquième étape : Élection du Catholicos de tous les Arméniens.

L’intégralité du rapport (en arménien) est consultable via le lien suivant : https://iprc.am/wp-content/uploads/2026/09/Զեկույց-ՀԱՍԵ-Ճգնաժամ-HY-24․09․26.pdf