Hikmet Hadjiev : « Les forces animées par un esprit de revanche restent puissantes en Arménie »
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Selon l’agence de presse officielle azerbaïdjanaise AZERTAC, Hikmet Hadjiev, assistant du président azerbaïdjanais et chef du département de politique étrangère de l’Administration présidentielle, a déclaré que Bakou demeurait préoccupé par l’influence persistante, en Arménie, de forces animées par un esprit de revanche, ainsi que par la permanence de telles tendances au sein de la société.
S’exprimant lors du Forum régional CAMCA, Hadjiev a d’abord évoqué les développements au Moyen-Orient, estimant que l’Azerbaïdjan devait se préparer à une « période prolongée d’instabilité relative » dans son environnement régional.
Il s’est ensuite tourné vers la situation intérieure en Arménie, affirmant que certaines forces, qu’il décrit comme mues par une logique de revanche, y demeurent puissantes.
« Les forces animées par un esprit de revanche restent encore puissantes au sein de la société et nous entendons différentes voix. Il est également préoccupant de constater que cet état d’esprit perdure chez les jeunes Arméniens. Malheureusement, eux aussi continuent de raisonner selon cette logique », a déclaré Hadjiev.
Il a appelé le gouvernement arménien à « redoubler d’efforts pour préparer sa population à la paix ».
Hadjiev a parallèlement affirmé que l’Azerbaïdjan était déterminé à poursuivre son agenda de paix et, selon ses propres termes, à le « consolider dans les faits », en mettant en place une nouvelle architecture fondée sur le principe de paix, censée garantir une paix et une stabilité durables aux peuples arménien et azerbaïdjanais.
« NH » – Voilà qui est véritablement « touchant » : cette sollicitude sans bornes de Bakou pour la sérénité psychologique de la jeunesse arménienne et son éducation à la paix. Hikmet Hadjiev semble avoir oublié un instant que cet État qui prétend « préparer à la paix » est le même qui emmenait enfants et adolescents au tristement célèbre « Parc des trophées » de Bakou, où ils pouvaient se faire photographier devant des mannequins de cire représentant des soldats arméniens mourants ou morts, aux traits caricaturaux et déformés, tout en se familiarisant avec le récit officiel de la « victoire ».
Cette tradition « pacifiste » du pouvoir d’Aliev, qui consiste à transmettre l’hostilité envers les Arméniens de génération en génération, se retrouve également dans les manuels scolaires azerbaïdjanais, dont la représentation négative et hostile des Arméniens a été relevée jusque par des instances internationales. On peut aussi rappeler le timbre officiel publié après la dernière guerre d’Artsakh, sur lequel un agent de désinfection « nettoie » le territoire de l’Artsakh : une image difficile à dissocier d’une symbolique présentant l’Arménien comme une infection, une souillure qu’il conviendrait d’éliminer.
Et tandis que des églises arméniennes pluriséculaires, des cimetières et des monuments culturels sont détruits ou privés de leur identité arménienne pour être rebaptisés « albaniens », l’audace des porte-parole de Bakou à accuser la société arménienne d’être animée par un « esprit de revanche » finit par tourner à la sinistre farce. Caucasus Heritage Watch a documenté, grâce à l’analyse d’images satellitaires à haute résolution, la destruction des dizaines d’églises, de monastères et de cimetières arméniens en Artsakh, ainsi que les tentatives de réattribution « albanaise » d’églises arméniennes.
À en juger par le vocabulaire politique azerbaïdjanais, « se préparer à la paix » signifierait donc accepter en silence la dépossession et l’humiliation ; tandis que vouloir survivre dans la dignité, défendre ses droits, ou encore revendiquer le droit le plus élémentaire de la population arménienne autochtone de l’Artsakh à retourner sur ses terres ancestrales relèverait déjà d’un « extrémisme revanchard ».
