Arménie-Azerbaïdjan : la Constitution au cœur du blocage de l’accord de paix

Միրզոյեան

La signature de l’accord de paix entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan demeure suspendue à un différend constitutionnel. Bakou exige la suppression, dans le préambule de la Constitution arménienne, de la référence à la Déclaration d’indépendance, dans laquelle il voit une revendication territoriale à son encontre. Erevan, de son côté, réaffirme sa volonté de signer l’accord sans délai.

Le 27 octobre, devant l’Assemblée nationale, le ministre arménien des Affaires étrangères, Ararat Mirzoyan, est revenu sur les déclarations de Hikmet Hadjiev, conseiller du président azerbaïdjanais. Ce dernier avait estimé que l’Arménie et la société arménienne devaient présenter leurs excuses aux Azerbaïdjanais qui, depuis une trentaine d’années, n’ont pu regagner leurs lieux d’origine.

Interrogé par un député de l’opposition, Ararat Mirzoyan a écarté l’idée que cette exigence puisse constituer une nouvelle condition préalable à la signature de l’accord. Reconnaissant que les blessures laissées par le conflit demeuraient vives de part et d’autre, il a néanmoins insisté sur la nécessité de tourner la page des hostilités pour ouvrir une ère de paix et de coopération.

Le lendemain, 28 octobre, lors de nouveaux débats parlementaires, le chef de la diplomatie a proposé à l’opposition de soutenir la procédure d’adoption d’un projet de nouvelle Constitution, qui serait ensuite soumis à référendum. Il a affirmé qu’en cas de rejet du texte par les électeurs, les dirigeants au pouvoir présenteraient leur démission.

L’opposition a toutefois soulevé une question de fond : quelle garantie l’Arménie aurait-elle qu’une révision constitutionnelle mettrait définitivement fin aux exigences de Bakou ?