L’opposition lance un mouvement de rassemblement et envisage une rencontre avec Karékine II
Douze formations politiques d’opposition en Arménie ont annoncé la création d’une initiative de « rassemblement national », destinée à coordonner leurs efforts autour de plusieurs questions majeures : la réforme constitutionnelle, le processus de paix avec l’Azerbaïdjan, la défense de l’identité nationale et les libertés démocratiques.
Cette initiative a été rendue publique dans la soirée du 4 novembre, à l’issue d’une réunion à huis clos organisée au domicile de l’homme d’affaires Samuel Karapetian, dirigeant du parti « Arménie forte », arrêté quelques heures auparavant.
Parmi les signataires figurent notamment « Arménie forte », l’alliance « Arménie » conduite par Robert Kotcharian, le Parti républicain de Serge Sarkissian, le Congrès national arménien de Levon Ter-Petrossian, « Arménie prospère » de Gaguik Tsaroukian, ainsi que les formations « Hayakvé », « Pays à vivre », « Héritage » et plusieurs autres mouvements.
Malgré leurs divergences politiques, les participants se sont accordés sur quatre priorités : empêcher l’adoption de ce qu’ils qualifient de « Constitution imposée par Aliev », défendre une paix sans concessions unilatérales ni pertes territoriales, préserver l’identité nationale et l’Église apostolique arménienne, et œuvrer au rétablissement des droits et libertés démocratiques.
Les signataires estiment que la réforme constitutionnelle envisagée par le gouvernement de Nikol Pachinian répond aux exigences formulées par Bakou dans le cadre du processus de paix. Les autorités arméniennes contestent cette interprétation, affirmant que la révision de la Constitution relève exclusivement des affaires intérieures du pays.
Les organisateurs ont déjà engagé des consultations avec des intellectuels et des personnalités de la société civile. Le 6 novembre, Tigran Abrahamian, secrétaire du groupe parlementaire « Arménie forte », a indiqué qu’une rencontre avec Karékine II n’était pas exclue. Il a rappelé que la protection de l’Église apostolique arménienne figurait parmi les objectifs essentiels de cette mobilisation.
Le 7 novembre, Narek Karapetian, chef du groupe parlementaire « Arménie forte », a annoncé le lancement, dès le 8 novembre, d’une campagne d’information dans différents quartiers d’Erevan. Les dirigeants et militants des formations participantes doivent aller à la rencontre de la population afin de présenter leurs objections aux changements constitutionnels envisagés. Il n’a pas non plus exclu le recours ultérieur à des manifestations de rue.
Les initiateurs entendent élargir leur démarche à d’autres forces politiques et représentants de la société civile. Il reste cependant à déterminer si cette coopération débouchera sur une alliance politique durable ou si elle se limitera à une action commune autour des quatre priorités annoncées.
