PARIS – Inauguration de la Chapelle de la Vierge restaurée à la Cathédrale Sainte-Croix des Arméniens, en présence d’Anne Hidalgo

Inauguration-Sainte-Croix

La restauration de la Chapelle de la Vierge sera célébrée lors d’une cérémonie officielle le mercredi 11 mars 2026, organisée conjointement par la Ville de Paris et l’Éparchie Sainte-Croix des Arméniens Catholiques de France. La cérémonie se tiendra en présence de Mme Anne Hidalgo, Maire de Paris, de Mgr Élie Yéghiayan, Évêque de l’Éparchie Sainte-Croix des Arméniens Catholiques de France, qui présidera l’événement, et de M. Ara Aharonian, membre du Conseil d’administration de l’Association diocésaine de l’Éparchie.

La cérémonie comprendra la réception officielle des travaux, un moment musical, ainsi qu’un cocktail institutionnel.

Historique

En 1970, le couvent capucin, construit en 1622, a été confié à la communauté arménienne catholique de France. Son église allait bientôt devenir officiellement la cathédrale et le siège de l’Éparchie Sainte-Croix des Arméniens Catholiques de France en 1986. Elle constitue depuis lors le cœur spirituel et institutionnel de cette communauté sur le territoire français. La Cathédrale Sainte-Croix des Arméniens, située au cœur du Marais dans le 3ᵉ arrondissement de Paris, est l’un des édifices religieux les plus remarquables de la capitale. Son histoire remonte au XVIIᵉ siècle. Au fil des siècles, elle s’est enrichie d’un ensemble d’œuvres et de décors d’une valeur patrimoniale exceptionnelle, classés au titre des Monuments Historiques.

Parmi les éléments patrimoniaux inscrits figurent notamment : le maître-autel sculpté, des statues de la Renaissance, des peintures des XVIIᵉ et XIXᵉ siècles, ainsi que des vitraux du XIXᵉ siècle.

La restauration de la Chapelle de la Vierge marque l’aboutissement d’un programme de réhabilitation mené sur près d’une décennie, fruit d’un partenariat exemplaire entre la Ville de Paris et l’Éparchie Sainte-Croix des Arméniens Catholiques de France. Elle témoigne de l’engagement partagé de ces deux institutions en faveur de la sauvegarde du patrimoine cultuel parisien. Par cette restauration, la Chapelle de la Vierge retrouve l’intégralité de sa splendeur historique et liturgique, offrant à la communauté arménienne catholique de France un lieu de culte dignement restauré, et au patrimoine parisien un édifice dont la valeur artistique et mémorielle est pleinement préservée pour les générations à venir.

Dimension patrimoniale et institutionnelle

La Cathédrale Sainte-Croix des Arméniens représente un élément structurant du patrimoine du Marais. Classée au titre des Monuments Historiques, elle est à la fois un édifice d’intérêt architectural majeur et le centre spirituel de la communauté arménienne catholique en France.

La restauration de la Chapelle de la Vierge s’inscrit pleinement dans la politique de sauvegarde du patrimoine cultuel menée par la Ville de Paris. Cette politique vise à préserver et à transmettre aux générations futures un héritage architectural, artistique et spirituel irremplaçable, dont la Chapelle de la Vierge est l’un des témoins les plus précieux.

Pour l’Éparchie Sainte-Croix des Arméniens Catholiques de France, qui administre les paroisses arméniennes catholiques sur l’ensemble du territoire, la restauration de ce lieu de culte revêt une dimension symbolique forte. Elle témoigne de la volonté de la communauté de conserver et de valoriser un patrimoine qui constitue le fondement de son identité spirituelle et culturelle en France.

Le programme de restauration 2018–2026

La campagne de restauration de la Cathédrale Sainte-Croix des Arméniens s’est inscrite dans le cadre d’une convention de mécénat conclue entre la Ville de Paris et l’Éparchie Sainte-Croix des Arméniens Catholiques de France. Ce partenariat institutionnel a permis de mobiliser les ressources nécessaires à une intervention d’ampleur sur l’ensemble de l’édifice.

La restauration générale, engagée à partir de 2016, a conduit à la réhabilitation progressive de l’ensemble de la cathédrale, achevée en 2026. Les travaux réalisés ont porté sur le traitement des désordres structurels, la restauration des décors, la remise en état des vitraux ainsi que la conservation des œuvres classées.

Périmètre de l’intervention 2026

La Chapelle de la Vierge, la Chapelle de Saint-François d’Assise et la Sacristie ont nécessité une intervention complémentaire afin d’assurer la cohérence patrimoniale et la conservation durable de l’ensemble de l’édifice. Cette dernière phase vient finaliser le programme global de restauration.

Objectifs des travaux

Les travaux de restauration de la Chapelle de la Vierge ont poursuivi quatre objectifs principaux :

– la stabilisation des supports et des décors, afin de garantir la pérennité de l’ensemble ;

– la restauration des éléments liturgiques et ornementaux, dans le respect de leur authenticité historique ;

– le traitement des altérations liées au temps, incluant les désordres structurels et les dégradations superficielles ;

– la mise en valeur de l’espace dans le respect de son identité historique, afin de restituer l’atmosphère originelle de la chapelle.   

La Chapelle de la Vierge

La Chapelle de la Vierge constitue un élément central et fondateur de l’édifice. Espace liturgique d’une grande importance spirituelle, elle a traversé plusieurs campagnes de transformation majeures qui témoignent de l’attachement continu des fidèles à sa conservation et à son embellissement.

Chronologie des interventions historiques

1812-1813 — Restauration et embellissement : Une première campagne de restauration est financée intégralement par des dons de fidèles, témoignant de la force du lien entre la chapelle et la communauté qui y est attachée. Ces travaux portent sur la restauration générale et l’embellissement des décors intérieurs. L’entrepreneur Taillant exécute une composition ornant le tympan du chœur. Les plafonds, chapelles et tribunes sont badigeonnés à la chaux. Deux statues en plâtre représentant la Religion et la Charité sont probablement installées à cette occasion, puis retirées avant les années 1950.

1829–1832 : Agrandissements et aménagements du XIXᵉ siècle À partir de 1819, un projet d’agrandissement est évoqué. Un presbytère et une nouvelle chapelle (dite de Saint-François ou de la Croix) sont construits par l’architecte Pierre-Anne Dedreux. En 1844, un nouvel orgue est réalisé par Cavaillé-Coll et, en 1846, une chaire à prêcher dessinée par Baltard est installée.

1853–1860 : Les travaux de Victor Baltard L’architecte de la Ville de Paris conduit plusieurs chantiers majeurs : la construction du porche actuel d’inspiration Renaissance italienne (1853–1854), l’agrandissement de la Chapelle de la Vierge (1859–1860) avec l’ouverture du mur et la création de deux pilastres supportant trois arcades, ainsi que d’importants travaux de maçonnerie, de peinture et de vitrerie dans la nef. Par la suite, en 1864–1865, quatre tableaux sont commandés pour la nef et, en 1872, huit vitraux figurés d’Émile Hirsch sont posés.

1875 : Amélioration de l’éclairage naturel Des travaux spécifiquement dédiés à l’amélioration de l’éclairage naturel sont réalisés, contribuant à la mise en valeur des décors et à la qualité de l’atmosphère liturgique de la chapelle.

Le XXᵉ siècle : En 1901, l’architecte Bouchon ouvre quatre nouvelles baies sur la façade du côté de la rue Charlot. En 1954, une importante campagne de ravalement intérieur a lieu, accompagnée de la restauration des tableaux de la nef. Dans les années 1960, les tapisseries du Miracle des Billettes sont retirées en raison de leur caractère antisémite. Vers 1970–1971, l’église est affectée au culte catholique arménien et officiellement rebaptisée cathédrale Sainte-Croix. Enfin, en 1988, le ravalement de la façade révèle le décor polychrome d’origine, qui avait été recouvert au cours du XXᵉ siècle.