V. Poutine renonce au statut de « garant »
Vahram ATANESSIAN
1in.am, Erevan le 2 avril 2026
Il faudra évidemment du temps avant de pouvoir tirer des conclusions concrètes sur les entretiens en face à face entre Poutine et Pachinian à Moscou, ainsi que sur les discussions menées avec la participation des délégations des deux pays. La présence, au sein de la délégation russe, du conseiller présidentiel Ouchakov, du vice-Premier ministre Overchuk, du ministre des Affaires étrangères Lavrov, des PDG de Rosatom et des Chemins de fer russes, Likhachev et Belozerov, ainsi que du directeur du Service fédéral de coopération militaro-technique, Chougaev, laisse penser que les discussions ont été denses et ont une plus grande portée que ce qu’ont déclaré publiquement Poutine et Pachinian.
Cependant, la remarque du président russe Vladimir Poutine concernant l’instauration de la paix entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan est extrêmement importante, selon lui, les parties « devraient rechercher d’autres moyens de renforcer leurs relations afin de mettre fin au conflit ». Comme on le sait, jusqu’à récemment, Moscou insistait officiellement sur le fait que le règlement arméno-azerbaïdjanais «reposait toujours sur des déclarations trilatérales », faisant référence au cessez-le-feu et à deux autres déclarations adoptées ultérieurement dans le cadre du format Poutine-Pachinian-Aliev.
Le 1er avril, le président de la Fédération de Russie a officiellement clos ce chapitre, soulignant que l’Arménie et l’Azerbaïdjan devaient trouver eux-mêmes des solutions pour mettre fin au conflit. Il a ajouté que le président américain Donald Trump avait « activement contribué à l’établissement de relations » entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan. Vladimir Poutine a ainsi reconnu les accords bilatéraux et trilatéraux conclus à Washington en août dernier.
L’opposition arménienne conditionne l’établissement de relations et de la paix entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan à la présence d’un « garant ». Le 1er avril, le président russe a déclaré à la communauté internationale qu’il n’avait aucune intention de se porter garant entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan. On peut supposer que Vladimir Poutine considère déjà la participation active du président américain à l’établissement de relations entre les deux pays comme une garantie.
Cette déclaration politique est peut-être le résultat le plus important des pourparlers Poutine-Pachinian. C’est un signal adressé non seulement à l’Azerbaïdjan, mais aussi à l’opposition arménienne. Moscou s’engage ainsi à ne pas soutenir les forces politiques arméniennes qui militent pour une « renégociation » de l’accord précédemment signé avec l’Azerbaïdjan et pour l’instauration d’une « paix durable ».
