La guerre contre le Haut-Karabakh et la déportation de sa population ont été autorisées par la Russie
Vahram ATANESSIAN
« 1in.am », Erevan, le 14 mai 2026
Après la déclaration de Zelensky à Erevan[1], l’Arménie a été sommée par certains milieux de Russie de réagir… Dans une interview accordée au quotidien « Hraparak »,le politologue russe Mikhaïl Alexandrov déclarait « L’Arménie est notre alliée… L’Azerbaïdjan est plutôt un allié de circonstances qui pourrait bien se permettre de tels agissements envers la Russie ». Il établissait dans la foulée un parallèle entre les déclarations anti-russes du président ukrainien à Erevan et sa visite en Azerbaïdjan, ainsi que le projet de création d’une entreprise militaro-industrielle commune avec Ilham Aliev.
Le président turc Erdogan, s’était rendu au Kazakhstan deux semaines avant la tenue du sommet de l’Union économique eurasiatique[2]. Lors de ce sommet[3], ou à l’occasion d’entretiens avec le président kazakh, Poutine posera-t-il à Tokayev la question « Qui les drones turcs vont-ils cibler ? »
La Turquie prévoit de construire une usine d’extraction et d’enrichissement d’uranium au Kazakhstan. Ce pays possède aussi d’importantes réserves de terres rares et d’uranium, et la Turquie n’a certainement pas l’intention de se contenter d’y exploiter du minerai de fer. Les projets militaires, économiques et de communication de la Turquie, membre de l’OTAN, au Kazakhstan, au cœur même de l’Asie centrale, dans d’autres pays de la région et en Azerbaïdjan, ne contrarient-ils pas de la même manière les intérêts de la Russie ?
Assurément, ils le font et de façon bien plus radicale. Mais Moscou garde le silence sur cette question car le chef des services de renseignement turcs, Ibrahim Kalın, alors conseiller principal d’Erdogan, a ouvertement déclaré que la Turquie « avait les moyens de faire imploser la Russie»[4]. On peut donc en conclure avec certitude que la Russie est impuissante face à cette menace et cherche par conséquent à conclure un accord avec la Turquie.
Les déclarations de Sergey Lavrov et de Sergey Choïgou[5] après la « Guerre des quarante-quatre jours », évoquant « l’établissement d’une influence égale, fondée sur le principe de synergie avec la Turquie, dans le Caucase du Sud et la réalisation d’une opération complexe au Haut-Karabakh », en témoignent. Or, aucun accord n’avait alors été conclu.
Mikhaïl Alexandrov a « assuré» qu’en cas de défaite de Pachinian, « l’Azerbaïdjan n’entrerait pas en guerre contre l’Arménie et que la Russie ne le permettrait pas ». Ceci prouve tout simplement que la guerre contre le Haut-Karabakh et la déportation de la population arménienne ont bien eu lieu avec le feu vert de la Russie.
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Le 4 mai, lors du sommet de la Communauté politique européenne, le président avait menacé de possibles frappes de drones contre le défilé militaire marquant le 81ème anniversaire de la victoire de la Seconde Guerre mondiale. ↑
Le président turc a été accueilli le 14 mai par son homologue kazakh, dans le cadre d’une visite officielle dans ce pays d’Asie centrale. ↑
Qui se tiendra à Astana du 26 au 29 mai prochain. ↑
La Fédération de Russie compterait près de 15 millions de « Turcs », ou de représentants de peuples turcophones. Comme les Russes, les Turcs savent également accourir au « secours » de leurs « frères » des pays voisins en cas de nécessité … ↑
Ministre de la défense de 2012 à 2024, puis Secrétaire du conseil de sécurité de la Fédération de Russie. ↑
