L’Azerbaïdjan justifie une nouvelle fois la destruction d’églises arméniennes en Artsakh
La cathédrale de l'Intercession-de-la-Sainte-Mère-de-Dieu
Hikmet Hadjiev, conseiller du président azerbaïdjanais, a déclaré que la destruction d’églises arméniennes en Artsakh était conforme à la législation azerbaïdjanaise ainsi qu’aux normes internationales, qualifiant ces édifices de « structures illégales » érigées durant la période d’occupation. Il a tenu ces propos lors de la visite d’un groupe de diplomates en Artsakh. Bakou a d’ores et déjà officiellement confirmé la démolition de la cathédrale de l’Intercession-de-la-Sainte-Mère-de-Dieu et de l’église Saint-Jacques à Stepanakert.
S’exprimant sur ces développements, le Premier ministre arménien, Nikol Pachinian, a souligné qu’il fallait décider si l’État devait ou non s’engager sur la voie de la confrontation. Il a mis cette situation en perspective en évoquant un éventuel retour d’Artsvashen sous contrôle arménien et l’hypothétique présence d’une mosquée sur ce territoire. Le chef du gouvernement a ajouté qu’il ne jugeait pas nécessaire de porter cette question au niveau des débats internationaux interétatiques, insistant sur le fait que toute réaction devait s’appuyer exclusivement sur des accords officiels.
De son côté, le Saint-Siège d’Etchmiadzine a fermement condamné une déclaration de la Direction des musulmans du Caucase, qui tentait également de légitimer la destruction de ces monuments spirituels et culturels. Qualifiant ces actes d’« ethnocide culturel » et de violation manifeste, l’Église arménienne a exhorté les organisations internationales de défense des droits de l’homme et du patrimoine à prendre des mesures concrètes pour enrayer cette politique menée par l’Azerbaïdjan.
Rappelons que la Direction des musulmans du Caucase avait préalablement justifié la destruction de ces sanctuaires arméniens, affirmant que « la démolition de structures illégales construites pendant la période d’occupation ne peut être considérée comme la destruction d’un patrimoine religieux ou culturel ». Cette instance religieuse azerbaïdjanaise avait également accusé l’Église apostolique arménienne de fausser la réalité historique et de saper les efforts de consolidation de la paix dans la région.
