C’est la Russie qui est responsable de l’anéantissement de l’Artsakh
Vahram ATANESSIAN *
1in.am Erevan, le 4 mai 2026
L’Assemblée nationale de l’Artsakh a lancé un appel aux participants de la Conférence de la Communauté politique européenne et leur a demandé de procéder à une évaluation ciblée de la politique génocidaire de l’Azerbaïdjan, d’assurer la préservation du patrimoine historique et culturel de l’Artsakh, de passer des déclarations aux actes et de garantir le retour des populations déplacées de force sur leur terre natale, dans le respect de leur droit à l’autodétermination.
Mais quel est le sens d’un tel « ultimatum » ? Aucun État membre de la communauté démocratique européenne n’avait de présence militaire au Haut-Karabakh lorsque l’Azerbaïdjan a déclenché sa guerre éclair. Aucun pays européen n’est partie à l’accord de cessez-le-feu au Haut-Karabakh du 20 septembre 2023, n’est médiateur dans les « négociations » tenues à Evlakh le même jour et n’a violé aucun de ses engagements.
Le 30 avril a marqué le 35e anniversaire du début de l’opération militaire « Anneau ». Ce jour-là, débutait la déportation de la population civile de Getashen. Suite à cette opération, vingt-quatre villages arméniens de la région autonome du Haut-Karabakh ont été déportés. Le district de Berdadzor a été le premier à être vidé de ses habitants, suivi des villages de montagne de la région de Hadrut, frontaliers de l’Arménie.
L’Assemblée nationale d’Artsakh n’a publié aucune déclaration à l’occasion de l’anniversaire de cette opération militaire soviéto-azerbaïdjanaise. La raison est compréhensible : la Russie est l’héritière de l’URSS, et « Moscou ne pouvant êtretitillée ». Il est donc « nécessaire d’exiger » des comptes de l’Europe.
C’est fort regrettable, mais il faut le dire haut et fort: cette attitude inflexible face à la question de son propre destin et de sa patrie constitue une impasse. L’Europe, la communauté démocratique européenne, ne peuvent être d’aucune utilité dans le dossier de l’Artsakh tant que ce dernier n’adressera pas ses demandes au principal responsable, à l’héritière de l’U.R.S.S : la Fédération de Russie.
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* Né en 1959 dans la région de Martakert (Artsakh), journaliste, enseignant et personnalité publique et politique. En 1981, il est diplômé de l’Institut pédagogique de Stepanakert. De 1989 à 1994, il travaille à la rédaction du journal « Azat Artsakh »[Libre Artsakh], dont il est le rédacteur en chef de 1992 à 1994, puis celui du journal « Mardig » [Combattant] de 1995 à 1996. De 1990 à 1995, il est député au Soviet suprême de la République d’Arménie pour la circonscription n° 255 de l’Artsakh. Il a été membre de la commission permanente pour l’information du Soviet suprême de la République d’Arménie et de la Commission spéciale sur les questions relatives à l’Artsakh. Il a également été membre du groupe parlementaire « Artsakh ». En 1994-1995, il était chef du Département de l’information et de la presse du gouvernement du NKR, en 1998-2000, correspondant pour « Radio Liberty », et en 2001-2012, rédacteur fondateur du journal « Hayrénik»[Patrie]. Analyste politique, il contribue à de nombreux media comme « 1in.am » et « Mer oughin » [Notre voie].
