La « garantie chinoise » du règlement du conflit arméno-azerbaïdjanais

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Vahram ATANESSIAN

« 1in.am », Erevan le 26 mai 2026

D’après la revue spécialisée « Defense Security Asia », dont l’article a été traduit en russe par le site progouvernemental azerbaïdjanais « haqqin.az », basé à Bakou, l’Arménie a acquis des drones de reconnaissance et d’attaque CH-4 auprès de la Chine.

« Defense Security Asia » s’appuie sur la « présence avérée de deux drones chinois ». Selon la revue, ces drones fabriqués en 2022 seraient basés sur l’aéroport de Gyumri, mais les autorités arméniennes n’ont fait aucune déclaration publique à ce sujet[1].

L’acquisition par l’Arménie de drones CH-4 chinois[2] s’inscrit dans un contexte plus large : « La recherche par l’Arménie d’une coopération militaire avec la France et l’Inde, avec des systèmes occidentaux spécifiques et désormais avec des plateformes chinoises, témoigne d’une évolution plus profonde vers une diversification stratégique, plutôt que d’un simple élargissement de son arsenal. Cette diversification permet de gérer les risques géopolitiques, car la dépendance à l’égard d’un seul garant de la sécurité engendre une vulnérabilité chaque fois que des crises régionales révèlent les limites des mécanismes de réponse de l’alliance ». Dans ce contexte, l’achat et la vente d’armes, notamment de technologies de pointe, ne relèvent pas simplement du « commerce ». La revue spécialisée rapporte d’ailleurs que, durant la « Guerre des quarante-quatre jours », la Russie, alors seul « garant »  de la sécurité de l’Arménie, disposait de « mécanismes de riposte limités », ce qui aurait expliqué sa « vulnérabilité ».

Aujourd’hui, non seulement l’Arménie renforce son arsenal, mais elle met également en place des mécanismes de prévention des crises. À cet égard, la coopération militaire sino-arménienne ne se limite pas à l’acquisition de drones chinois, mais elle marque un tournant dans les relations entre les deux États. La Chine entretient une coopération stratégique avec l’Azerbaïdjan, et son complexe militaro-industriel sert également les intérêts du Pakistan et de l’Iran. L’alliance stratégique entre la Chine et la Russie a également une importance capitale. Dans ce contexte, le déploiement des dernières innovations de l’industrie militaire chinoise en Arménie constitue indéniablement, avant tout, une garantie politique.

Dans le cas de l’Arménie, il ne s’agit évidemment pas d’une course aux armements au sens conventionnel du terme, d’opérations visant à « rattraper l’Azerbaïdjan et à prendre l’avantage », mais à la modernisation de ses propres moyens de défense et de l’amélioration maximale de son environnement sécuritaire. Ce concept comporte plusieurs volets, dont le premier, et le point de départ, est sans aucun doute l’engagement indéfectible en faveur de la paix, de la stabilité et de la coopération dans le Caucase du Sud.

Cela peut paraître paradoxal, mais il est indéniable que la capacité de l’Arménie à améliorer et à développer son arsenal militaire constitue un contribution capitale pour l’établissement de la paix.

En ce sens, le « franchissement de la Muraille de Chine » peut être considéré comme un succès majeur de la politique étrangère arménienne.

Concernant la situation du point de vue de la politique intérieure arménienne, on peut affirmer que la « garantie chinoise » de la paix entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan constitue d’ores et déjà une réalité.

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  1. https://defencesecurityasia.com/drone-ch4-china-armenia-pangkalan-rusia-caucas

  2. Le « Cai Hong-43 » est un drone de combat et de reconnaissance d’altitude.