Élections en Arménie : Moscou anticipe la victoire de Pachinian et prépare déjà la contestation

Մետվետեւ

Il faut croire que la Russie est d’ores et déjà convaincue de la victoire électorale de Nikol Pachinian. En choisissant de délégitimer le scrutin avant même l’ouverture des urnes, Moscou prépare activement le terrain d’un désaveu officiel. Une offensive verbale anticipée, menée par Dmitri Medvedev, qui fait planer la menace d’une nouvelle déstabilisation sur une Arménie pourtant en quête d’apaisement.

Dès le 5 juin, avant même qu’un seul bulletin de vote ne soit glissé dans l’urne, l’ancien président russe Dmitri Medvedev a publiquement incendié le Premier ministre arménien. Dans une déclaration au ton particulièrement virulent, il a affirmé : « Pachinian a fait dans son froc et essaie d’éliminer tous ses rivaux. De telles élections ne seront évidemment pas considérées comme légitimes. »

À travers cette sortie, le signal envoyé par la Russie est limpide : elle compte brandir l’argument de la fraude ou de manœuvres douteuses pour refuser de reconnaître les résultats si Nikol Pachinian l’emporte.

Pour un pays qui porte encore les plaies béantes de la guerre de 2020 contre l’Azerbaïdjan, cette manœuvre tombe au pire moment. La dernière chose dont l’Arménie ait besoin aujourd’hui, c’est de voir Moscou lui faucher sa légitimité démocratique sous les pieds, l’exposant ainsi à de nouvelles et dangereuses turbulences.