Arménie : les citoyens de retour pour voter pourraient être convoqués à des entraînements militaires
Le ministre arménien de la Défense, Souren Papikian, a averti que les citoyens rentrant de l’étranger pour participer aux élections du 7 juin pourraient être appelés à effectuer des entraînements militaires obligatoires. Une mise en garde qui survient sur fond d’allégations faisant état de transferts organisés d’électeurs arméniens depuis la Russie. Lors d’une conférence de presse, le ministre a rappelé que tout citoyen soumis aux obligations militaires – qu’il arrive de Russie, de France ou des États-Unis – a des devoirs envers sa patrie.
S’il a confirmé la présence de la police militaire aux frontières pour des missions de routine, M. Papikyan a formellement démenti les rumeurs selon lesquelles des convocations seraient distribuées aux arrivants dès l’aéroport, jugeant cette procédure matériellement impossible.
Pour les détracteurs du gouvernement, il s’agit d’une manœuvre du parti au pouvoir, « Contrat civil », visant à utiliser ces rassemblements militaires comme un outil punitif. Ces tensions s’inscrivent dans un climat d’inquiétude grandissante face à une possible ingérence de Moscou, alimentée par la fuite de documents évoquant un complot pour renverser le Premier ministre Nikol Pachinian.
Parallèlement, la « Plateforme de vérification des faits » a révélé des tentatives de recrutement d’électeurs en Russie, tandis que les autorités arméniennes enquêtent sur des soupçons d’achat de votes impliquant le blogueur Mika Badalyan.
***
Samedi 6 juin, à la veille des élections, il a été rapporté que des files d’attente interminables se sont formées à l’aéroport international Zvartnots d’Erevan, en raison d’un afflux massif de passagers en provenance de l’étranger.
Les réseaux sociaux, de leur côté, sont inondés de vidéos de brèves interviews réalisées avec des citoyens venus tout particulièrement de Russie dans le but de voter. Dans l’une d’elles, un arrivant déclare : « Nous sommes venus pour voter et nous repartirons le jour même, à 19 heures. La situation pourrait dégénérer ; comme nous sommes avec des enfants, nous préférons éviter de nous retrouver pris dans des complications. »
***
Il ne reste plus qu’à espérer que ces craintes de voir la situation politique interne « dégénérer » et de se heurter à d’éventuelles « complications » ne relèvent que d’une simple prudence individuelle, et non de la composante occulte et dangereuse d’un vaste plan de Moscou visant à dépêcher les Arméniens de Russie vers l’Arménie, vague après vague.
