Bakou accuse Paris de « partialité en faveur de l’Arménie »

Ֆրանսա

Le ministère azerbaïdjanais des Affaires étrangères a lancé une charge virulente contre la diplomatie française, l’accusant ouvertement d’un biais pro-arménien flagrant.

Cette sortie au vitriol fait suite à une question écrite de la députée française Élisa Martin et à la réponse officielle apportée le 23 juin par le Quai d’Orsay. Paris y réaffirmait avec fermeté son engagement en faveur du droit au retour des populations arméniennes chassées de l’Artsakh, de la libération des prisonniers de guerre détenus à Bakou, et de la sauvegarde du patrimoine culturel et cultuel arménien.

Aykhan Hadjizade, porte-parole de la diplomatie azerbaïdjanaise, a balayé ces déclarations, affirmant que Bakou « rejette et condamne fermement » ce qu’il qualifie d’« allégations infondées » de la France. Récidivant dans la provocation après avoir déjà tourné en dérision les inquiétudes françaises concernant la préservation du patrimoine, M. Hadjizade a tenté de faire diversion en s’en prenant au bilan de la France en matière de droits de l’homme, citant notamment la crise en Nouvelle-Calédonie.

Bakou soutient que l’insistance de Paris à consolider sa coopération militaire avec l’Arménie et son soutien à la mission d’observation de l’Union européenne (EUMA) sont la preuve irréfutable que la France a abandonné toute neutralité dans la région. Selon le porte-parole, la livraison de matériel militaire français « attise les velléités de revanche et sape le processus de normalisation des relations ».

En conclusion, Aykhan Hadjizade a raillé une diplomatie française qui, selon lui, peine à s’adapter aux « nouvelles réalités » géopolitiques régionales et s’enferre dans des grilles de lecture obsolètes et partiales. Une posture qui, avertit-il, entame gravement le crédit de Paris en tant que partenaire de confiance.

Cette rhétorique belliqueuse s’inscrit dans la stratégie rodée du régime d’Ilham Aliev : discréditer systématiquement et taxer de « partialité » toute voix sur la scène internationale osant dénoncer les conséquences de l’épuration ethnique perpétrée contre les Arméniens.