L’Azerbaïdjan réitère ses visées territoriales sur l’Arménie lors d’un festival dédié à l’« Azerbaïdjan occidental »

Ազերպայճան-փառատօն

Le 22 juin, la région azerbaïdjanaise de Göygöl a été le théâtre d’un festival organisé par la soi-disant « Communauté de l’Azerbaïdjan occidental », rassemblant responsables étatiques et parlementaires de Bakou. Au cours de cet événement, une carte de la République d’Arménie a été ostensiblement affichée sous l’appellation d’« Azerbaïdjan occidental », une manœuvre de propagande visant à légitimer la politique étatique prônant le « retour » des Azerbaïdjanais sur les territoires souverains arméniens.

L’exposition mettait en scène des photographies de la Place de la République d’Erevan, du monastère de Noravank et d’autres sites arméniens emblématiques. Pire encore, des éléments du patrimoine immatériel arménien, telle que la danse traditionnelle Kotchari, y ont été ouvertement appropriés et présentés comme des vestiges de la culture azerbaïdjanaise.

Aziz Alekberli, le président de cette structure, a déclaré sans fard que leur objectif ultime restait le « retour sûr et digne » de millions d’Azerbaïdjanais sur leurs « terres historiques », s’enorgueillissant du patronage direct du président Ilham Aliev dans ce projet.

Comme le souligne l’experte de l’Azerbaïdjan, Tatevik Hayrapetian, ce festival est loin d’être un événement isolé ou anodin. Il s’inscrit dans une doctrine d’État fondamentalement agressive à l’égard de l’Arménie, savamment orchestrée pour normaliser de futures revendications territoriales.

Pour rappel, le régime d’Aliyev qualifie de manière persistante les terres souveraines de l’Arménie, dont sa capitale Erevan, de « territoires historiques azerbaïdjanais ». Bakou a même érigé l’installation de colons azerbaïdjanais sur ces terres en condition sine qua non pour l’instauration d’une « paix durable » dans la région.

Pour Nikol Pachinian, le discours sur l’« Azerbaïdjan occidental » est une réaction en miroir aux tentatives de relancer le mouvement de l’Artsakh

Dans ce contexte diplomatique tendu, le Premier ministre arménien, Nikol Pachinian, a relativisé la recrudescence de la rhétorique de Bakou autour de l’« Azerbaïdjan occidental » lors d’un échange avec la presse, y voyant une simple « réaction en miroir ».

Selon le chef du gouvernement, tant que les drapeaux de l’Artsakh flotteront au sein de l’Assemblée nationale arménienne et que les organisations de la diaspora (pointant explicitement du doigt les efforts de lobbying de la FRA-Dachnaktsoutioun aux États-Unis) maintiendront l’agenda de l’Artsakh sous perfusion, Bakou répondra symétriquement par ce type de revendications.

« Le peuple arménien, par son vote, a statué que le mouvement du Karabagh est clos. Toute tentative de le ranimer sera considérée comme une manœuvre visant à entraîner la population dans une nouvelle aventure périlleuse, et nous y mettrons un coup d’arrêt dans le strict cadre de la loi », a mis en garde M. Pachinian.

Erevan maintient fermement que la prétendue question des « réfugiés azerbaïdjanais occidentaux » n’a jamais été à la table des négociations avec Bakou. Le Premier ministre a assuré que la signature d’un traité de paix clôturerait définitivement ces deux chapitres : « En refermant le dossier du retour de 500 000 Arméniens en Azerbaïdjan, nous fermons par la même occasion celui du retour des Azerbaïdjanais. »