Son élite politique a été le « fossoyeur » de l’Artsakh

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Vahram ATANESSIAN

« 1in.am », Erevan, le 24 Juillet 2026

Depuis plus de vingt ans, la culture du débat fait défaut en Arménie, mais le cas qui suit constitue une exception : Suren Surenyants, président du parti « Alternative démocratique », a récemment déclaré au journal « Hraparak » que « le document quadripartite de Prague avait été le fossoyeur de l’Artsakh ».

De quoi s’agit-il ? En avril 2022, Nikol Pachinian avait déclaré devant l’Assemblée nationale arménienne que ses homologues lui proposaient de revoir à la baisse ses exigences concernant le statut du Haut-Karabakh afin d’obtenir en contrepartie des garanties internationales pour la sécurité et les droits de la population arménienne de la région.

Pachinian a sans aucun doute présenté ce point de vue aux autorités du Haut-Karabakh, et plus précisément au président Araïk Haroutiounian. Qu’en résultat-il  ? Une semaine après la déclaration publique de Pachinian, une déclaration de l’Assemblée nationale[ de l’Artsakh] était adoptée à l’unanimité par les cinq groupes parlementaires et publiée à Stepanakert. Ce document comprenait deux dispositions fondamentales. La première établissait que le Premier ministre arménien n’avait pas de mandat pour négocier avec l’Azerbaïdjan et ses partenaires internationaux concernant le statut du Haut-Karabakh. La seconde affirmait en des termes clairs et sans équivoque qui ne laissent place à aucune interprétation, que « l’Artsakh ne pouvait faire partie de l’Azerbaïdjan ».

Nul ne peut, ni ne pouvait, prédire comment les événements auraient évolué si Stepanakert n’avait pas rejeté, par l’intermédiaire de ses forces politiques parlementaires, la proposition d’abaisser le niveau d’exigence concernant la question du statut, ou, pour le dire plus simplement, de renoncer à l’indépendance du Haut-Karabakh ou de son unification avec l’Arménie, au profit de l’obtention de garanties internationales pour la sécurité et les droits de la population arménienne. Mais un dicton affirme que le « passé ne s’accorde pas avec le mode conditionnel », ce qui signifie qu’il ne faut juger que sur la seule base des faits. Or, la réalité est que, trois mois après cette déclaration de l’Assemblée nationale de la République du Haut-Karabakh, l’Azerbaïdjan menait sa première opération militaire en guise de « mesures de représailles » dans la zone de responsabilité des forces russes de maintien de la paix et s’emparait concrètement du corridor de Latchin.

Le « document » quadrilatéral de Prague au sujet duquel aiment à s’exprimer abondamment tous les membres de l’opposition, a été adopté deux mois après la prise de contrôle du corridor de Latchine par l’Azerbaïdjan, avec l’accord tacite du commandement de la force de maintien de la paix russe, et trois semaines après l’invasion du territoire souverain arménien par les forces azerbaïdjanaises. Tels sont les faits.

Espérons que viendra un jour le moment des analyses politiques et des conséquences juridiques qui devront en découler.