Pachinian : « L’Arménie pourrait revoir les conditions de l’exploitation russe de son chemin de fer »
L’Arménie envisage de réviser les conditions de mise à disposition d’un certain nombre de ressources et de services à la partie russe, jusqu’ici fournis à titre gracieux. C’est ce qu’a déclaré le Premier ministre arménien en réponse aux propos de l’opposition concernant une éventuelle hausse des tarifs dans le sillage de la situation entourant la compagnie des « Chemins de fer du Caucase du Sud ».
« En Arménie, il existe également des éléments qui étaient auparavant fournis gratuitement, et pour lesquels la République d’Arménie pourrait désormais exiger 2 milliards de dollars par an », a affirmé Nikol Pachinian. Il a ajouté que cette démarche pourrait s’appliquer au dossier du réseau ferré, tout en s’abstenant de fournir de plus amples détails.
Le Premier ministre a tenu à souligner que le chemin de fer est la propriété de l’Arménie et que le pays doit avoir l’entière liberté de l’exploiter comme il le juge opportun.
Depuis 2008, le droit de gestion et d’exploitation du réseau ferroviaire arménien a été concédé pour une durée de 30 ans aux « Chemins de fer du Caucase du Sud » (SCR), une filiale de la société des chemins de fer de l’État russe (RZD).
« Notre position demeure inchangée : le chemin de fer est notre propriété, et l’Arménie doit être en mesure de l’exploiter de la manière qu’elle estime appropriée. Il n’y a pas d’alternative. Cette question doit être résolue », a martelé le chef du gouvernement.
Selon M. Pachinian, l’Arménie est en droit de recourir à tout moyen légal pour régler les différends liés au contrat de concession des « Chemins de fer du Caucase du Sud », y compris l’arbitrage.
Dans le même temps, il a précisé qu’Erevan privilégie une résolution à l’amiable et poursuivra le dialogue avec Moscou.
Nikol Pachinian a par ailleurs fait savoir que ce dossier n’avait pas été abordé lors de son entretien du 27 juillet avec le président russe, Vladimir Poutine.
Les projets de l’Arménie concernant son réseau ferroviaire
En février 2026, le Premier ministre n’avait pas exclu l’éventualité de retirer la gestion des chemins de fer arméniens à la Russie pour la confier à un pays tiers, entretenant de bonnes relations tant avec Erevan qu’avec Moscou. Il avait notamment évoqué le Qatar, les Émirats arabes unis ou le Kazakhstan.
Il avait également révélé que, dans le cadre du projet TRIPP, plusieurs pays proposaient d’établir une liaison ferroviaire entre le Nakhitchevan et l’Azerbaïdjan en contournant l’Arménie, au motif que le réseau ferré arménien se trouve sous le contrôle d’une société russe. Selon lui, cette situation fait perdre à l’Arménie « son avantage concurrentiel ».
