Session inaugurale de la 9e Assemblée nationale : le Catholicos grand absent
Screenshot
Issue des élections législatives du 7 juin, la 9e Assemblée nationale d’Arménie, nouvellement élue, s’est réunie pour sa session inaugurale le 2 août. Avant de passer à l’ordre du jour, le Parlement a observé une minute de silence en mémoire des soldats tombés pour la défense de la patrie.
Le moment le plus marquant et le plus tendu de cette séance s’est produit avant la cérémonie de prestation de serment, en raison de l’absence du Catholicos de tous les Arméniens, Karékine II. Sachant que la loi constitutionnelle portant « Règlement de l’Assemblée nationale » prévoit que le Président de la République et le Catholicos de tous les Arméniens peuvent prononcer un discours d’ouverture lors de la première séance, l’absence du Patriarche suprême a suscité de vifs débats et des interrogations au sein de l’hémicycle.
Les députés de l’opposition ont vivement protesté, soulignant que le fait de ne pas inviter le Catholicos constituait une violation de l’ordre constitutionnel. Ils ont exprimé leur mécontentement d’être ainsi privés de la bénédiction patriarcale et ont exigé des explications officielles concernant cette décision sans précédent.
La position ferme du Premier ministre Nikol Pachinian et de son gouvernement à l’égard de certaines personnalités du Saint-Siège d’Etchmiadzine, et plus particulièrement envers le Catholicos Karékine II, est de notoriété publique. Depuis quelques jours déjà, la presse se faisait l’écho de rumeurs selon lesquelles le Catholicos ne serait pas convié à cette séance inaugurale. De plus, interrogé récemment à ce sujet par des journalistes, M. Pachinian avait répondu avec ironie : « Qui visez-vous en parlant de ‘Catholicos’ ? »
Prestation de serment et boycott de l’opposition
C’est dans ce climat de tension que la séance s’est poursuivie avec la cérémonie de prestation de serment des députés. En sa qualité de doyen d’âge, le député de la faction au pouvoir « Contrat civil », Knyaz Hasanov, qui présidait cette première séance, a donné lecture du texte du serment parlementaire :
« Au nom de la pérennité, de l’indépendance, de la souveraineté et du renforcement de la République d’Arménie, je jure de remplir consciencieusement mes devoirs de représentant du peuple, de respecter la Constitution et les lois de la République d’Arménie, de contribuer à la consolidation du statut d’État de la République d’Arménie et à la défense de ses intérêts, et de tout mettre en œuvre pour la concorde civile, la sécurité et la prospérité des citoyens de la République d’Arménie, ainsi que pour la protection des droits et libertés de l’homme. Gloire aux martyrs et vive la République d’Arménie ! Je le jure. »
La prestation de serment a elle aussi été marquée par un boycott singulier de l’opposition. Les députés des alliances « Arménie forte » et « Hayastan » sont restés assis à leur place pendant la cérémonie, refusant de répéter le serment à haute voix, contrairement aux représentants de la faction au pouvoir « Contrat civil », qui ont prêté serment debout et d’une voix forte. Néanmoins, à l’issue de la cérémonie, les députés de l’opposition ont, à l’instar de leurs collègues, apposé leur signature au bas du texte du serment qui leur avait été remis.
Lors de cette séance inaugurale, et contrairement au Catholicos, le Président de la République Vahagn Khatchatourian était présent et a prononcé son discours d’ouverture. À cette occasion, il a également acté la démission du gouvernement sortant.
Précisons par ailleurs qu’après la procédure d’ouverture, l’Assemblée nationale a entamé ses travaux sous la houlette de Ruben Rubinian, unique candidat à la présidence du Parlement. Ce dernier a notamment répondu aux questions portant sur le processus de normalisation des relations avec la Turquie et l’Azerbaïdjan, ainsi que sur la défense de l’intégrité territoriale de l’Arménie. Il convient de souligner que M. Rubinian est le seul candidat présenté par la faction au pouvoir « Contrat civil », l’opposition n’ayant avancé aucune candidature. Son élection se déroulera à bulletin secret.
