À Debet, le cinéma documentaire au cœur du village

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Du 5 au 12 septembre dernier, le village de Debet, a accueilli la 12e édition du festival international de films documentaires Apricot Tree. Au-delà des projections, le festival affiche une ambition singulière : faire du village de la région du Lori un lieu de création, de rencontre et de dialogue entre cinéastes arméniens et étrangers. Cette année, deux réalisateurs arméniens ont remporté les deux principales distinctions de la compétition de cours métrages. 

Pendant une semaine, le cinéma documentaire s’est installé à Debet. Les projections se sont déroulées en plein air, transformant le village en un espace de rencontre entre habitants, réalisateurs et spectateurs venus d’Arménie et d’ailleurs. 

Créé en 2015 par l’ONG Filmadaran, Apricot Tree est né de la volonté de décentraliser la vie culturelle arménienne, largement concentrée à Erevan. Après plusieurs années à Ujan (Aragatsotn), le festival se tient désormais à Debet depuis 2023. Son principe reste inchangé : porter le cinéma contemporain jusque dans les villages et, surtout, faire de leurs habitants des acteurs à part entière de la vie culturelle. 

Cette année, 21 films provenant de 20 pays étaient présentés dans les compétitions de longs et de courts métrages. Le programme hors compétition proposait également plusieurs films liés à l’Arménie et à son histoire. 

Deux films arméniens récompensés 

Le cinéma arménien s’est particulièrement distingué dans la compétition de courts métrages. Le Grand Prix a été attribué à Together Alone (2025, 11min) d’Arthur Sahakyan, tandis que le Prix spécial du jury est revenu à Life Goes On (2025, 20min) de Mery Vardanyan. 

Dans la compétition de longs métrages, le Grand Prix a récompensé Militantropos, réalisé par Yelizaveta Smith, Alina Gorlova et Simon Mozgovyi (Ukraine/Autriche/France). Le Prix spécial du jury a été décerné à A Fox Under a Pink Moon de Mehrdad Oskouei et Soraya Akhlaghi (Iran/France).

Plusieurs autres œuvres présentées cette année étaient liées à l’Arménie. Lost, Found, Hidden, du réalisateur Vahram Mkhitaryan, retrace notamment le parcours d’un manuscrit arménien médiéval, tandis que Wednesday 5.30, de Vahagn Ter-Hakobyan, est consacré au musicien de jazz Martin Vardazaryan. Le programme comprenait également Gone is Nowhere, des réalisatrices danoises Katinka Fogh Vindelev et Louise Gorm, qui explore les traces du génocide des Arméniens et la transmission du traumatisme entre les générations.

Un festival qui fait participer le village

Apricot Tree ne se contente pas d’installer des projections à Debet : le village est aussi conçu comme un lieu de création à part entière. Depuis 2019, le festival organise une école de cinéma pour les enfants et adolescents de la région. Une résidence pour jeunes réalisateurs a également été lancée en 2025.

Cette année, six cinéastes émergents venus d’Arménie, de Géorgie et d’Iran ont ainsi passé plusieurs jours à Debet, avec pour objectif de réaliser un film inspiré de leur expérience du village.

Cette volonté de faire du territoire lui-même un espace de création constitue l’une des particularités d’Apricot Tree. Le festival permet ainsi aux habitants d’accéder à une programmation internationale tout en offrant aux jeunes cinéastes arméniens un espace où présenter leur travail.

À Debet, le cinéma documentaire devient ainsi bien plus qu’une série de projections : un moyen de faire dialoguer le village avec le monde et de replacer la création culturelle au cœur des régions d’Arménie.