Églises détruites en Artsakh : une haute responsable de l’UNESCO dit ne pas être informée

Ճիոթի

Jyoti Hosagrahar, directrice adjointe du Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO, a déclaré ne pas avoir connaissance des informations faisant état de la destruction d’églises arméniennes en Artsakh.

Interrogée le 26 octobre par un journaliste de NEWS.am, en marge d’une rencontre internationale consacrée à la nature et à la culture au Matenadaran d’Erevan, la responsable a été invitée à préciser les mesures prises par l’UNESCO pour préserver le patrimoine culturel arménien d’Artsakh, face aux nombreux témoignages de destructions.

Jyoti Hosagrahar a répondu qu’elle ne pouvait commenter ces faits, faute d’en avoir connaissance. Lorsque le journaliste a insisté sur les multiples signalements d’actes de vandalisme, elle a simplement répliqué : « Désolée, je dois partir. »

Cette réponse suscite d’autant plus d’interrogations que les atteintes au patrimoine religieux et historique arménien d’Artsakh sont documentées depuis plusieurs années.

En avril 2026, le programme de recherche Caucasus Heritage Watch, spécialisé dans la surveillance du patrimoine par satellite, avait confirmé la destruction de la cathédrale de la Sainte-Mère-de-Dieu de Stepanakert. Consacré en 2019, l’édifice avait été entièrement rasé entre le début du mois de mars et les premiers jours d’avril. Les chercheurs ont également documenté la démolition de l’église Saint-Jacques et du mémorial du génocide des Arméniens, dans la même ville.

Or, l’UNESCO avait déjà été alertée de la dégradation du patrimoine culturel de la région. En octobre 2024, Krista Pikkat, responsable de la Culture et des situations d’urgence au sein de l’organisation, avait reconnu que celle-ci avait reçu, de différentes sources, des signalements faisant état de possibles destructions de biens culturels. Elle avait assuré que l’UNESCO suivait la situation avec préoccupation.

Dès 2020, l’organisation avait tenté d’envoyer une mission d’experts sur place afin d’évaluer l’état du patrimoine, mais cette initiative n’avait pu aboutir. En décembre 2021, la Cour internationale de Justice avait par ailleurs ordonné à l’Azerbaïdjan de prendre toutes les mesures nécessaires pour prévenir et sanctionner les actes de vandalisme et de profanation visant le patrimoine culturel arménien.

Le 28 octobre, le Bureau du défenseur du patrimoine culturel d’Artsakh a annoncé avoir transmis un dossier documenté au directeur du Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO, Lazare Eloundou Assomo, ainsi qu’à son adjointe, Jyoti Hosagrahar.

Ce dossier recense notamment les destructions et dégradations touchant les églises, les monastères, les khatchkars, les cimetières et les monuments historiques arméniens.

Le Bureau appelle les organisations internationales à dépasser les simples déclarations de préoccupation et à engager des actions concrètes pour empêcher de nouvelles pertes irréversibles du patrimoine culturel arménien d’Artsakh.