Les démocrates américains pourraient-ils remettre en cause le projet TRIPP ?

ԱՄՆ

Après leur victoire aux élections de mi-mandat, Erevan ne redoute pas de remise en question du projet

La victoire des démocrates aux élections américaines de mi-mandat du 3 novembre, qui leur a permis de reprendre le contrôle des deux chambres du Congrès, soulève des interrogations sur l’avenir du projet TRIPP, considéré comme stratégique pour l’Arménie et les nouvelles perspectives de communication dans le Caucase du Sud.

Baptisée « Route Trump pour la paix et la prospérité internationales » (Trump Route for International Peace and Prosperity), cette initiative demeure étroitement associée à la politique étrangère de Donald Trump et à son rôle de médiateur dans le rapprochement entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan. La défaite électorale des républicains pose donc la question de sa pérennité dans un contexte politique américain profondément modifié.

Interrogé le 5 novembre, le ministre arménien des Affaires étrangères, Ararat Mirzoyan, a toutefois écarté la perspective d’une opposition démocrate à la réalisation du projet.

« Je ne peux imaginer que les démocrates américains ne souhaitent pas une mise en œuvre très rapide du projet TRIPP », a-t-il déclaré, se disant convaincu que le développement actuel des relations entre Erevan et Washington était mutuellement bénéfique.

Le projet prévoit l’aménagement de nouvelles infrastructures de transport et de communication à travers la région arménienne du Syunik. Il doit notamment permettre de relier le territoire principal de l’Azerbaïdjan à son exclave du Nakhitchevan, tout en ouvrant à l’Arménie de nouvelles perspectives commerciales et de transit régional.

Cette initiative répond également à la volonté américaine de renforcer sa présence économique dans le Caucase du Sud, un intérêt stratégique susceptible de favoriser sa continuité au-delà des clivages partisans à Washington.

L’accord-cadre conclu entre l’Arménie et les États-Unis a été signé en juin 2026, puis ratifié par le Parlement arménien le 28 octobre.

Il prévoit la création d’une société de développement conjointe, dont 74 % du capital seraient détenus par la partie américaine et 26 % par l’Arménie. L’accord précise que les territoires concernés par le projet resteront placés sous la souveraineté et la juridiction arméniennes.

Les préparatifs se poursuivent à Erevan. Le 5 novembre, le gouvernement a proposé la tenue d’une séance parlementaire extraordinaire le 12 novembre, afin d’examiner plusieurs modifications législatives nécessaires à la mise en œuvre du projet.

À ce stade, aucune initiative officielle du Parti démocrate américain ne vise à abandonner ou à suspendre TRIPP. Cependant, la nouvelle majorité au Congrès, qui prendra ses fonctions en janvier 2027, disposera de moyens de contrôle accrus sur les initiatives internationales de l’administration Trump, notamment sur leur financement.

Si les autorités arméniennes affichent leur confiance dans la poursuite du projet, son avenir dépendra donc aussi de la nouvelle configuration politique à Washington et de la capacité des deux partenaires à concrétiser leurs engagements.