7e « Forum mondial sur le dialogue interculturel », une nouvelle farce à Bakou
Le 27 octobre dernier, l’ouverture du 7e « Forum mondial sur le dialogue interculturel », intitulé cette année « Le dialogue pour un avenir commun », s’est tenu à Bakou. Régulièrement convoquée par Ilham Aliev, cette manifestation est une plateforme de propagande de l’Azerbaïdjan qui a pour but de vendre aux états étrangers et à l’opinion publique internationale les mythes d’un Azerbaïdjan « terre de tolérance » et d’une prétendue « cohabitation harmonieuse des cultures et des religions » . Cette fois encore, cette manifestation a réuni près 2 000 participants, dont plus de 500 « invités » étrangers venus d’une centaine de pays.

S’exprimant lors de l’ouverture de cette réunion, Aliev, a déclaré : « Nous nous trouvons au carrefour de l’Europe et de l’Asie, et au fil des siècles, l’Azerbaïdjan a servi de pont culturel entre l’Asie et l’Europe. Les traditions de multiculturalisme, de tolérance religieuse et ethnique sont les principes qui ont guidé notre peuple à travers les siècles et que nous apprécions hautement. L’une des principales raisons du développement réussi et stable de l’Azerbaïdjan réside dans l’harmonie qui règne au sein de notre société. Les représentants de tous les groupes ethniques et de toutes les religions jouissent non seulement de droits égaux conformément à notre Constitution, mais vivent également comme une seule et même famille. Nous nous distinguons réellement par un niveau très élevé de solidarité, de respect mutuel et de compréhension réciproque, et nous sommes tous unis autour de nos idées nationales. L’une d’elles est « l’azerbaïdjanté », qui unit tous les peuples de l’Azerbaïdjan ».
Une série de gros mensonges à commencer par l’affirmation selon laquelle l’Azerbaïdjan « a servi au fil des siècles de pont culturel entre l’Asie et l’Europe » alors que son pays a été créé en 1918…. La suite de son propos au sujet « des représentants de tous les groupes ethniques et de toutes les religions [qui] jouissent non seulement de droits égaux conformément à notre Constitution, mais vivent également comme une seule et même famille » relève, tout le monde le sait, de l’affabulation la plus totale dans un pays où les minorités s’amenuisent inexorablement depuis les années 90. On se souviendra en particulier de l’éradication totale des Arméniens présents dans le pays depuis des siècles. Quand au sentiment « d’azerbaïjanité », Aliev aurait mieux inspiré d’évoquer la politique « d’azerbaïdjanisation » forcée inaugurée par ses prédécesseurs avec les pogroms anti-arméniens, pogroms qui ont poussé des milliers de membres d’autres minorités – Oudis, Tates, Taliches, juifs et même russes – à quitter l’Azerbaïdjan des Aliev.

Comme de tradition, lors de son discours, le khan de Bakou n’a pas non plus réussi à contenir sa haine anti-arménienne :« Nous sommes tous unis autour de nos idéaux nationaux, dont l’un est l’azerbaïdjanisme, qui rassemble tous les peuples d’Azerbaïdjan. Cette unité s’est manifestée dans les périodes les plus difficiles de notre histoire indépendante. Pendant l’agression militaire et l’occupation menées par l’Arménie, ainsi que durant la Seconde Guerre du Karabakh, les représentants de tous les groupes ethniques et de toutes les religions ont combattu comme un « Poing de fer »[1], devenu le symbole de notre victoire, afin de défendre notre identité et la justice, et de rétablir notre intégrité territoriale. Cette formidable démonstration d’unité témoigne une nouvelle fois de la nature de notre société. Une fois encore, sans cette véritable plateforme d’inclusion et de respect mutuel entre tous les peuples qui vivent en Azerbaïdjan, nous n’aurions jamais pu réussir. Nous sommes très fiers d’avoir réussi à préserver ces valeurs au fil des siècles ». Bref, du Aliev « pur jus » …

Otages ou serviteurs zélés d’Aliev, les évêques Alexy, primat de l’Église russe en Azerbaïdjan, et Vladimir Fekete, ordinaire du diocèse catholique du pays, ont également pris part à l’ouverture du forum aux côtés du le Cheikh-Ul-Islam Pachazadé, le chef des Musulmans du pays qui se trouvait la veille au Vatican où il signait un accord avec l’Église catholique. N’oublions pas non plus Robert Mobili, le très charismatique et spirituel, responsable de la « Communauté chrétienne albano-oudie d’Azerbaïdjan ».
À en juger par le nombre des présents dans la salle, les amis du dictateur azerbaïdjanais ne manquent pas non plus parmi les laïcs. A ce sujet, combien de français y avait-il dans la salle ?
IRAZEG
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Le nom « officiel » de « l’opération spéciale » d’épuration ethnique menée contre l’Artsakh et sa population. ↑
