Aliev : « Ils voulaient venir à Bakou en chars et y boire du thé. Aujourd’hui, ils boivent leur thé en prison. »

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À l’occasion du sixième anniversaire de la victoire azerbaïdjanaise dans la guerre du Karabakh de 2020, le président Ilham Aliev a prononcé, le 8 novembre, un discours à Stepanakert (Khankendi, selon la dénomination azerbaïdjanaise), multipliant les déclarations triomphalistes à l’égard des Arméniens.

« Ils voulaient venir à Bakou en chars, ils voulaient y boire le thé. Ils tenaient des propos arrogants parce qu’ils se croyaient protégés par certaines puissances et pensaient pouvoir perpétuer leur domination indéfiniment. Mais nous leur avons montré qui était qui. Aujourd’hui, ils boivent le thé dans les prisons azerbaïdjanaises », a lancé Aliev, faisant allusion aux anciens dirigeants de l’Artsakh détenus à Bakou.

Le président azerbaïdjanais a également affirmé que son pays n’avait jamais accepté le contrôle arménien sur les territoires revendiqués par Bakou, présentant la guerre de 2020 comme la victoire de la volonté nationale et de la puissance militaire azerbaïdjanaise.

Évoquant la situation actuelle de son pays, Aliev a insisté sur son indépendance politique, économique et militaire, affirmant que l’Azerbaïdjan ne dépendait « de personne ».

Le même jour, le président turc Recep Tayyip Erdoğan s’est rendu au Karabakh à l’invitation de son homologue azerbaïdjanais. Réunis à Chouchi, les deux dirigeants ont réaffirmé publiquement la solidité de leur alliance. « Ensemble, nous sommes beaucoup plus forts », a déclaré Aliev, tandis qu’Erdoğan assurait que nul ne pourrait ébranler la fraternité entre leurs deux peuples.

Cette démonstration d’entente intervient après plusieurs semaines de tensions entre Ankara et Bakou, notamment autour de la question du voile islamique dans les établissements scolaires azerbaïdjanais et des relations étroites entretenues par l’Azerbaïdjan avec Israël.

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« NH » – Les sites d’information turcs multiplient les photographies d’Aliev et d’Erdoğan affichant leur bonne entente, sous des titres tels que « Ensemble, nous sommes plus forts », « Nul ne peut ébranler notre fraternité », et autres formules du même acabit. Tout semble fait pour donner l’impression qu’après une période de vives tensions entre les deux pays, les choses sont en passe de rentrer dans l’ordre.

Il serait pourtant imprudent de passer sous silence un passage du discours d’Aliev, émaillé de ses habituelles rodomontades. Celui où le président azerbaïdjanais affirme que son pays est aujourd’hui plus puissant que jamais et, surtout, qu’il ne dépend « de personne ». Cette dernière précision n’est certainement pas destinée à la seule Russie. Elle semble viser tout autant, sinon davantage, la Turquie.

Reste le fond du problème. Suffit-il d’échanger des amabilités, de poser ensemble pour des photographies souriantes et de multiplier les articles présentant la situation sous un jour idyllique pour effacer les différends suscités par la question du voile islamique et, surtout, les positions diamétralement opposées — du moins en apparence — des deux pays à l’égard d’Israël ?

Sur ce dernier point, les résultats des récentes élections israéliennes et la perspective d’un départ de Benyamin Netanyahou pourraient offrir aux deux alliés une porte de sortie, au moins partielle et peut-être provisoire.