Pachinian et Aliev se sont rencontrés à Abou Dhabi et ont reçu le prix « Zayed » pour la fraternité humaine
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Le 4 février, le Premier ministre arménien Nikol Pachinian a rencontré le Président de la République d’Azerbaïdjan, Ilham Aliev, à Abou Dhabi (Émirats arabes unis).
Les parties ont salué les progrès enregistrés dans la mise en œuvre des accords du Sommet pour la Paix, qui s’est tenu à Washington sous l’hospitalité et le témoignage du Président américain Donald Trump. Ils ont souligné l’importance de maintenir la dynamique positive dans le processus de normalisation des relations entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan et de la faire avancer dans un format bilatéral.

À l’issue de la rencontre, le prix « Zayed » pour la fraternité humaine a été décerné aux dirigeants des deux États. Les prix ont été remis par le Président des Émirats arabes unis, Cheikh Mohammed ben Zayed Al Nahyane. MM. Pachinian et Aliev ont été distingués pour avoir fait progresser de manière cohérente l’agenda de l’établissement de la paix entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, ainsi que celui de la coopération et de la stabilité régionales.


Dans son allocution, Nikol Pachinian a déclaré :
« Chers collègues, Distingués invités, Mesdames et Messieurs,
Ce qui se passe ici est incroyable. Les dirigeants de l’Azerbaïdjan et de l’Arménie sont réunis pour partager le prestigieux prix Zayed de la fraternité humaine, marquant ainsi le traité de paix signé entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan.
Au cours des quelque 40 dernières années, vous n’auriez jamais vu les mots « paix », « Arménie » et « Azerbaïdjan » ensemble. Et même si ces mots étaient utilisés ensemble, cela signifiait essentiellement quelque chose d’improbable. C’est pourquoi ce qui s’est passé en 2025 et ce qui se passe maintenant est incroyable.
Cependant, cette cérémonie ne concerne pas seulement la célébration du traité de paix ; elle est une affirmation par l’Arménie et l’Azerbaïdjan que la page du conflit est tournée. Sinon, il n’aurait eu aucun sens pour le président de l’Azerbaïdjan ou pour moi-même de venir ici et de recevoir cet honneur.
C’est aussi une manifestation du soutien de la communauté internationale, car la décision a été prise par un jury dont les membres, venus des quatre coins du monde, sont des personnalités hautement respectées. Et je souhaite exprimer ma gratitude et mon appréciation au jury. Chers amis, votre décision renforce sans aucun doute la paix dans notre région et nous vous en remercions.
Ce prix a été fondé grâce aux efforts conjoints de Son Éminence le Grand Imam d’Al-Azhar et de Sa Sainteté le Pape (NDLR – il s’agit du regretté Pape François). Ce fait symbolise le soutien des mondes musulman et chrétien à la paix entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan.
Mesdames et Messieurs,
Des choses incroyables se produisent lorsqu’il y a la foi, le dévouement, la vision et la sagesse. Je pense que le traité de paix a été signé parce que l’Arménie et l’Azerbaïdjan ont compris que le conflit devait cesser maintenant, sinon il ne cesserait jamais, apportant de nouvelles souffrances aux deux pays et aux deux peuples.
Cependant, bien que le prix Zayed de la fraternité humaine soit officiellement remis aux dirigeants de l’Arménie et de l’Azerbaïdjan, il est en réalité l’accomplissement de nos peuples. Les dirigeants de l’Arménie et de l’Azerbaïdjan ont pris des mesures audacieuses, mais c’est la volonté de nos peuples de choisir un nouvel avenir qui rend ce moment historique véritablement possible.
Par conséquent, ce prix est tout aussi important pour chaque Arménien et chaque Azerbaïdjanais qui a eu le courage de s’en remettre à la paix. Et je voudrais remercier nos deux peuples d’avoir compris que le passé n’est pas sujet au changement et que cela est hors de nos capacités.
Par conséquent, nous ne devons pas nous concentrer sur ce que nous ne pouvons pas changer, mais sur l’objectif de bâtir un avenir pacifique et prospère pour nos nations. Ce n’est pas un chemin facile, car il y a une grande méfiance, du pessimisme, de la colère et même de la haine.
De nombreuses personnes sont mortes au cours du conflit, de nombreuses familles en deuil suivent maintenant ce qui se passe ici. Certaines d’entre elles pourraient considérer cet événement comme inapproprié. Mais la poursuite des souffrances n’est ni un soulagement ni un signe de respect pour ceux qui ont souffert ; la poursuite des meurtres n’est ni une consolation ni un signe de respect pour les victimes et leurs proches. La paix est la seule consolation pour tous, la paix est le plus grand respect envers les victimes.
Excellences, Mesdames et Messieurs,
En cette occasion significative de recevoir ce prestigieux prix Zayed de la fraternité humaine, je souhaite exprimer ma profonde gratitude au Président des États-Unis, Donald Trump, dont l’implication personnelle et le dévouement à l’idéal de paix ont été des facteurs clés pour la conclusion du traité de paix entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, et j’espère que nous aurons l’honneur d’assister à la cérémonie où le prix Nobel de la paix lui sera décerné, comme il le mérite.
Merci.
Et permettez-moi d’exprimer ma gratitude et mon respect particuliers à Son Altesse le Président des Émirats arabes unis, Cheikh Mohammed ben Zayed Al Nahyane, et au père fondateur de ce beau pays, le regretté et vénérable Cheikh Zayed ben Sultan Al Nahyane. »

Bénédiction et message du Pape Léon XIV
Lors de la cérémonie de remise des prix, un message spécial du Pape Léon XIV a également été diffusé sur un écran géant.
Dans son allocution, le Saint-Père a d’abord rendu hommage au regretté Pape François, qui avait signé le document historique sur la « Fraternité humaine » avec l’Imam d’Al-Azhar, jetant les bases de ce prix.
Le Pape a qualifié la fraternité humaine non pas comme un idéal lointain, mais comme une « nécessité urgente ». Saluant les lauréats, il a noté : « Vous êtes des semeurs d’espoir dans un monde qui construit trop souvent des murs au lieu de ponts. (…) En choisissant le chemin épineux de la solidarité au lieu de la voie facile de l’indifférence, ils ont montré que même les divisions les plus profondes peuvent être guéries par des actions tangibles. Leur travail démontre leur conviction que la lumière de la fraternité peut vaincre les ténèbres du fratricide. »
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Le Président turc Recep Tayyip Erdogan a également réagi à l’événement, déclarant notamment : « Je tiens à souligner particulièrement que j’apprécie profondément les mesures audacieuses prises par mon frère Ilham Aliev pour établir une paix durable, ainsi que la volonté déterminée dont a fait preuve M. Pachinian. J’espère que le prix Zayed de la fraternité humaine 2026 profitera à toute l’humanité. »
