Moscou « s’est finalement rendu »
Maria Zakharova
Vahram ATANESSIAN
« 1in.am », Erevan, le 19 août 2026
Visé en Azerbaïdjan par une procédure pénale pour « incitation au terrorisme, à l’hostilité et à la haine interethnique »[1], Alexeï Tchadajev, un conseiller du ministre russe des Transports, a dû démissionner de ses fonctions. Il a annoncé cette décision dans un message sur « Telegram ». M. Tchadajev a précisé que ses propos concernant les autorités azerbaïdjanaises reflétaient son « opinion strictement personnelle » et qu’il quittait son poste afin de ne pas « nuire aux relations entre les deux pays ».
Plus tôt, Maria Zakharova, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, avait également qualifié de simple « opinion personnelle » les déclarations faites sur diverses plateformes médiatiques au sujet de l’Azerbaïdjan. Mme Zakharova a, de fait, reconnu la possibilité d’un « procès » azerbaïdjanais impliquant trois citoyens russes en déclarant que Moscou leur « fournirait l’assistance juridique nécessaire »[2]. On ignore encore quelle procédure sera engagée, mais il est évident que Moscou « s’est rendu ».
Vladimir Soloviov, le célèbre propagandiste du Kremlin, a tenu des propos assez incisifs sur la situation. Il écrit : « L’Azerbaïdjan a émis un avis de recherche contre trois de nos citoyens, quelle a été notre réaction ? » Et d’ajouter : « Et que dire de la visite du ministre des Affaires étrangères azerbaïdjanais en Ukraine ? Demandez-vous pourquoi l’Azerbaïdjan et plusieurs autres pays agissent de la sorte. Ils sont convaincus que nous ne prendrons jamais de mesures de rétorsion à leur encontre, ou contre l’Occident, car nous sommes en train de perdre [la guerre]».
Dans le cas précis de l’Azerbaïdjan, V. Soloviov a très probablement raison. Ilham Aliev n’aurait jamais osé bafouer le « prestige » de Vladimir Poutine s’il n’avait eu la conviction, ou au moins l’impression, que Poutine ne l’emportera pas en Ukraine.
Le Kremlin ne réplique pas aux attaques de Bakou. Sur l’échiquier politique, Alexeï Tchadajev et les deux autres journalistes ne sont que de la « menue monnaie ». Il est possible que la Russie se soit servie d’eux pour sonder le « choix final » de Bakou. Ce choix semble désormais clairement établi.
Reste à savoir quel est l’objectif de la « capitulation » de Moscou.
La presse progouvernementale de Bakou considère le limogeage de Tchadajev comme une levée de son « immunité d’État ». Pourtant, il n’avait fait que rendre public ce que l’administration Poutine lui avait « ordonné de dire ».
Une rencontre ou un entretien téléphonique aura-t-il lieu entre Poutine et Aliev ?
Le Kremlin a certainement conscience que le fait d’« avaler sans mot dire » cette nouvelle couleuvre venue d’Azerbaïdjan aura des répercussions sur la politique intérieure russe.
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Ses propose portaient, en particulier, sur la question de l’Artsakh et l’épuration ethnique dont a été victime sa population. On peut naturellement s’interroger sur ses motivations actuelles et le silence des élites russes lorsque leur pays a livré l’Artsakh et ses dirigeants à l’Azerbaïdjan et contraint les 150 000 Artsakhiotes à quitter leurs terres. ↑
Deux autres citoyens russes impliqués dans cette affaire sont Semion Ouralov et Alexeï Tchadaïev ↑
