La Géorgie livre « La porte nord du Caucase »
Vahram ATANESSIAN
« 1in.am », Erevan, le 20 août 2026
Les autorités géorgiennes ont proposé un accord secret à la Russie, rapporte le site géorgien « Apsny.ge » citant la chaîne Telegram russe « INSIDER-T ». Selon ces informations, la proposition implique « une loyauté géopolitique absolue de la Géorgie envers la Russie, en échange d’un renoncement publique de l’annexion de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud ». Des sources russes indiquent que le ministère russe des Affaires étrangères et l’administration présidentielle ont « pris cette proposition très au sérieux, mais qu’aucune réponse définitive n’a encore été apportée ». Une telle proposition de la part de Tbilissi pourrait s’avérer très séduisante pour Moscou : la Russie n’aurait pas à revenir sur sa reconnaissance de l’indépendance de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud, tout en s’assurant la « loyauté géopolitique absolue » de la Géorgie. En d’autres termes, la Géorgie « s’engagerait à procéder à des amendements constitutionnels et à renoncer à sa politique d’adhésion à l’OTAN ainsi qu’à son intégration à l’Union européenne ».
Une déclaration publique de la Fédération de Russie promettant de « ne jamais annexer » ces deux anciennes régions autonomes géorgiennes pourrait même lui conférer une image internationale positive, sans pour autant rien changer dans les faits. Toutefois, la Russie est confrontée à un problème très sérieux en Abkhazie et en Ossétie du Sud. Cette dernière a choisi la voie d’une « alliance éternelle avec la Russie », tandis que l’Abkhazie privilégie l’option d’un « État exclusivement indépendant ».
L’« accord proposé » par les autorités géorgiennes touche aux intérêts de l’ensemble du Caucase du Sud, de la région mer Noire-Caspienne, et même de pays d’Europe de l’Est et du Moyen-Orient. La « loyauté absolue » de la Géorgie à l’égard de la Russie implique l’instauration d’un « alignement sur le nord » dans le Caucase du Sud, avec toutes les conséquences qui en découlent.
Au début du XX ème siècle, l’Azerbaïdjan avait ouvert ses portes aux armées bolcheviques dans le but d’annexer le Haut-Karabakh. La Géorgie franchira-t-elle le même pas, au prix d’une éventuelle réintégration de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud ?
