Il existe en Arménie un domaine qui, avant la révolution, était généralement entre les mains du pouvoir, et qui, après la révolution, est passé sous l’influence de centres opérant dans le champ de l’opposition : il s’agit d’une part substantielle des médias.
C’est ce qu’a écrit sur sa page Facebook la députée du groupe « Contrat Civil », Arusyak Manavazian, poursuivant : « Avant la révolution, de nombreux médias étaient financièrement dépendants du pouvoir et, de ce fait, limités dans leurs critiques. Après la révolution, cette situation a changé : aujourd’hui, une part importante de la presse n’est plus financée par le pouvoir, mais s’est retrouvée sous l’influence de grands centres financiers opérant dans le camp de l’opposition : Karapetian, Kotcharian, Sarkissian.
En conséquence, un environnement s’est formé où des cercles disposant d’importants moyens financiers tentent de pousser agressivement leur agenda politique, en ayant souvent recours à la désinformation, à une présentation unilatérale des faits et à une contre-propagande virulente contre le pouvoir. Des informations circulent largement dans l’espace public selon lesquelles certaines forces politiques verseraient des salaires atteignant des millions aux employés des médias travaillant en leur faveur. Le résultat est que ces personnes n’ont aucune difficulté à mettre de côté l’éthique journalistique pour s’adonner à l’autopromotion et, parallèlement, diffuser des discours de haine contre les autorités.
Le problème ne réside pas dans la critique ; la critique est nécessaire dans tout système politique sain. Le problème réside dans le mécanisme, lorsque les médias cessent d’agir pour l’intérêt public et commencent à servir les objectifs de certains financeurs ou centres politiques. Dès cet instant, l’éthique journalistique est reléguée au second plan et le champ informationnel se transforme en outil de manipulation.
Ces mêmes médias, en règle générale, n’adoptent pas une position entièrement oppositionnelle : ils offrent sélectivement une tribune aux représentants de différentes forces, mais diffusent activement les publications, même les plus médiocres ou insensées, de ceux qui les financent. Dans ce panorama, une presse de qualité, indépendante et équilibrée apparaît rarement : elle ne peut tout simplement pas rivaliser financièrement avec une production puissante, mais vide de contenu et de faible qualité.
Ce n’est pas un discours contre la liberté de la presse, bien au contraire : l’attente est que les journalistes et les médias soient suffisamment indépendants et professionnels pour pouvoir critiquer objectivement les autorités, tout en ne gardant pas le silence sur les erreurs des autres acteurs politiques. Il existe également dans ce pays de nombreux processus positifs qui méritent tout autant d’être couverts. »
