Le risque de faillite des « Chemins de fer russes »
L’avenir du rail arménien dans l’incertitude
Alors que l’Arménie a commencé à déployer des efforts pour préparer son territoire au déblocage régional et à la mise en œuvre du projet TRIPP, de graves problèmes sont apparus concernant le gestionnaire du réseau ferroviaire, la société « Chemins de fer russes » (RZD), dont la filiale, « Chemin de fer du Caucase du Sud » (SCR), gère les chemins de fer arméniens. Le contrat signé par le passé prévoit pourtant la poursuite de cette concession jusqu’en 2038.
En effet, la société « Chemins de fer russes » se trouve au bord de la faillite. Sa dette a dépassé les 50 milliards de dollars (4 000 milliards de roubles), ce qui l’a contrainte à réduire ses effectifs et à mettre en vente son siège social à Moscou. Des analystes et anciens fonctionnaires russes soulignent qu’outre la situation de guerre, l’entreprise souffre d’une corruption endémique, où les détournements atteignent des milliards.
La proposition de Pachinian à Moscou
Compte tenu de cette situation, le Premier ministre Pachinian a fait savoir à Vladimir Poutine, lors de leur rencontre récente à Saint-Pétersbourg, qu’il était impératif pour l’Arménie de restaurer rapidement ses infrastructures. Le Premier ministre a souligné que si la partie russe n’était pas en mesure de le faire, le gouvernement arménien était prêt à reprendre les droits de gestion du chemin de fer.
La possibilité d’une résiliation du contrat
Les études montrent que la partie arménienne peut procéder à une résiliation anticipée du contrat. Bien qu’il existe certaines obligations financières, le document est flexible et permet de réviser les clauses par accord mutuel. La société « Chemin de fer du Caucase du Sud » a confirmé que les biens appartiennent à l’Arménie et que, sur décision du gouvernement, il est possible d’en restituer la gestion.
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Le problème n’est pas uniquement d’ordre financier, il est également technique. La société « Chemins de fer russes » a encaissé un coup sévère lorsque, sous le poids des sanctions occidentales, le groupe allemand Siemens a cessé toute coopération. Cela signifie que la partie russe n’est plus en mesure de se procurer les pièces de rechange indispensables pour les trains modernes.
Dès lors, les investissements promis en Arménie s’avèrent non seulement financièrement impossibles, mais aussi physiquement irréalisables, Moscou étant elle-même confrontée à une grave pénurie d’équipements. Cet état de fait offre matière à réflexion et explique pourquoi l’Arménie se voit aujourd’hui contrainte de rechercher des alternatives.
