ALERTE : Les élèves arméniens derniers de la région selon l’enquête PISA de l’OCDE

Կրթութիւն

Selon la dernière étude de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), les élèves arméniens de 15 ans présentent de graves lacunes en mathématiques, en sciences et en compréhension de l’écrit.

Participant pour la première fois à la prestigieuse évaluation internationale PISA, regroupant 91 pays, l’Arménie affiche des données alarmantes. Seul 1 % des élèves a obtenu d’excellents résultats en mathématiques, tandis que les scores élevés en sciences et en lecture sont quasi inexistants. De manière générale, les performances des élèves arméniens sont plus de deux fois inférieures à la moyenne de l’OCDE (par exemple, 19 % de réussite avec un niveau de base en lecture, contre une moyenne mondiale de 67 %).

Bien que le gouvernement arménien ait qualifié, dès 2022, l’« analphabétisme fonctionnel » de véritable menace pour la sécurité nationale et promis des réformes d’envergure, ces résultats ne traduisent pour l’instant aucune amélioration concrète. L’étude révèle par ailleurs une forte dépendance aux nouvelles technologies : 49 % des élèves arméniens utilisent régulièrement des chatbots basés sur l’intelligence artificielle. Une surexposition aux écrans (plus de cinq heures par jour) qui, selon les experts de l’OCDE, nuit directement à la réussite scolaire. Au niveau mondial, le classement reste largement dominé par les pays d’Asie de l’Est (Chine, Japon, Corée du Sud, Singapour), bien que le Royaume-Uni et l’Estonie figurent également dans le top 10.

Avec ces indicateurs globaux très faibles, l’Arménie se classe à la dernière place de sa région, devancée par la Géorgie, l’Azerbaïdjan et la Turquie. Elle est également surpassée par l’Ouzbékistan, la Moldavie, la Roumanie et le Kazakhstan. Parmi les pays post-soviétiques, l’Arménie ne devance que le Kirghizistan.

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Guegham Ohanian, figure de la société civile et responsable d’initiatives éducatives et de randonnée, a publié sur ses réseaux sociaux le message percutant suivant, qui résume parfaitement la situation :

« Nous avons beau tirer la sonnette d’alarme du matin au soir sur les défis majeurs qui menacent notre avenir et sur le désastre de notre système éducatif, cela ne rentre pas dans la tête des gens… Pour le dire plus crûment :

  1. L’ignorance entraînera un déclin culturel encore plus profond.
  2. L’ignorance provoquera une augmentation brutale de la criminalité et de sa cruauté.
  3. L’ignorance mènera à une dégradation vertigineuse de la santé.
  4. L’ignorance causera la perte de notre autonomie, ce qui entraînera l’effondrement de notre capacité d’autodéfense.
  5. L’ignorance entraînera une baisse de la qualité du travail et une exacerbation des tensions relationnelles.
  6. L’ignorance est la mère de tous les maux…
  7. L’ignorance conduira à l’effondrement de l’État…

P.-S. : La conclusion est simple : la puissance et l’avenir de l’État dépendent directement de l’élévation du niveau d’éducation de la population. Faire des économies dans ce domaine est un véritable sacrilège. »

La réaction du ministère arménien de l’Éducation

Le ministère arménien de l’Éducation, des Sciences, de la Culture et des Sports a réagi au rapport PISA en précisant que la quasi-totalité des lacunes soulevées est déjà prise en compte dans la politique de l’État, et que des mesures d’amélioration sont en cours.

Le ministère souligne que les quelque 7 000 élèves évalués au printemps 2025 ont été formés selon l’ancien programme scolaire. Par conséquent, ces résultats doivent être considérés comme des « données de référence ». Celles-ci permettront, lors de la prochaine évaluation prévue en 2029, de mesurer l’impact réel des nouveaux standards éducatifs et des réformes actuellement déployées.

Tout en reconnaissant que ces scores sont loin d’être satisfaisants, les autorités rappellent également une baisse globale des performances éducatives à l’échelle mondiale. Au cours de la dernière décennie, la moyenne des pays de l’OCDE a chuté de plus de 20 points, ce qui équivaut à la perte d’une année d’apprentissage scolaire.

Enfin, le ministère appelle à éviter toute manipulation politique du sujet. Il invite les experts, les enseignants et les décideurs à procéder à une analyse approfondie et professionnelle des données, afin d’optimiser les stratégies futures.