Les retombées de la COP17 sur la biodiversité à Erevan

Editorial

La COP17 de l’ONU sur la biodiversité s’est achevée à Erevan le 31 octobre. Le président de la COP17 et ministre arménien de l’Environnement, Hambardzum Matevossian, a dressé un bilan positif : « Au cours de ces deux semaines, nous avons montré que les divergences peuvent être surmontées, que les engagements peuvent devenir des décisions et que la coopération peut porter ses fruits. »

Selon le gouvernement arménien, environ 15 000 visiteurs internationaux venus de près de 200 pays se sont rendus en Arménie pour la COP17, observateurs, journalistes, accompagnateurs et délégués accrédités compris.

Les délégués réunis en Arménie se sont accordés sur une feuille de route destinée à accélérer l’action en faveur de la nature. Ils ont adopté la « Voie d’Erevan » (Yerevan Pathway), qui fixe les priorités jusqu’en 2030 pour atteindre les 23 cibles du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Mont-
réal. La Voie d’Erevan appelle les pays participants à s’attaquer aux subventions néfastes à la nature et à renforcer le soutien financier, scientifique et technique apporté aux pays en développement.

Près de 2 milliards de dollars de nouveaux financements ont également été annoncés en faveur de la biodiversité. Toutefois, les décisions prises lors de ce type de conférence ne sont pas toujours appliquées comme prévu. La secrétaire exécutive de la Convention sur la diversité biologique (CDB), Astrid Schomaker, l’a très justement souligné : « En définitive, le véritable test n’est pas ce que les gouvernements ont accepté à Erevan, mais ce qu’ils changeront une fois rentrés chez eux. » Elle a ajouté : « Nous ne pouvons pas protéger la nature tout en continuant à financer sa destruction. » Elle a appelé à aligner les budgets nationaux et les décisions économiques sur le cadre adopté, ainsi qu’à renforcer le suivi et les rapports.

Le financement a aussi été au cœur des tensions de la COP17. Les pays riches n’ont pas respecté leur engagement de porter à 20 milliards de dollars par an, dès 2025, leur aide aux pays en développement pour la protection de la biodiversité. Le point le plus disputé portait sur l’élargissement de la liste des pays donateurs à des économies émergentes comme la Chine, l’Arabie saoudite, le Qatar ou l’Inde. Il a finalement été décidé que, d’ici à la COP18, aucun pays ne serait ajouté à la liste sans son accord.

Pour l’Arménie, l’organisation de la COP17 dans sa capitale a des retombées économiques et politiques importantes. Accueillir quelque 15 000 visiteurs internationaux à l’occasion de la COP17 a représenté une source de revenus considérable pour les hôtels, les maisons d’hôtes, les restaurants et les transports d’Erevan. Beaucoup de participants ont prolongé leur séjour de quelques jours pour découvrir les sites touristiques du pays. Grâce à la COP17, l’Arménie est devenue une destination plus visible pour le tourisme international. Comme l’a déclaré le Premier ministre Nikol Pachinian, cette conférence a renforcé la réputation internationale de l’Arménie.

De nombreux délégués ont salué le travail de la présidence arménienne, jugé bien organisé. Contrairement à la COP16 de Cali, tous les textes de la COP17 ont été adoptés.

Il y a eu naturellement des critiques. La mise en service de la mine d’or d’Amulsar, quelques jours avant la conférence, a été dénoncée par des militants écologistes. La question de l’Artsakh a donné lieu à une manifestation appelant les pays participants à garantir le retour des Arméniens de l’Artsakh.

L’année 2026 a été faste pour l’Arménie, qui a accueilli deux grands événements internationaux : le sommet de la Communauté politique européenne, puis la COP17. Les Jeux de la Francophonie sont attendus l’été prochain. Autant d’occasions exceptionnelles qui renforcent la stature politique internationale de l’Arménie et son attrait comme destination touristique.

J. Tch.■