Pourquoi Levon Ter-Petrossian soutient-il Samuel Karapetian ?
Bien que le Congrès national arménien (CNA), dirigé par le premier président de l’Arménie Levon Ter-Petrossian, ait présenté la candidature de Levon Zourabian au poste de Premier ministre, il soutient ouvertement le milliardaire et homme d’affaires Samuel Karapetian, chef du parti « Arménie Forte ». Par cette démarche, Ter-Petrossian ambitionne d’unifier l’opposition divisée et de créer un front commun pour écarter le Premier ministre en exercice, Nikol Pachinian, du pouvoir.
Levon Zourabian explique que Ter-Petrossian adopte dans ce contexte une position supra-partisane et patriarcale. Les négociations visant à former un front uni avec la force politique de Karapetian sont toujours en cours. Toutefois, si ces efforts de rassemblement s’avèrent infructueux, le CNA participera seul aux élections. Dans le même temps, Zourabian critique vivement l’agenda de paix de Pachinian, le qualifiant non pas de véritable réconciliation, mais de « trêve préélectorale » temporaire, qui pourrait in fine conduire à « l’azerbaïdjanisation » de l’Arménie.
D’autre part, Ter-Petrossian prévient que l’Occident tentera d’entraver l’élection de Samuel Karapetian, la victoire de ce dernier risquant d’être perçue par les puissances occidentales comme une restauration de l’influence russe en Arménie. Sur le plan pratique, cependant, l’accession de Samuel Karapetian au poste de Premier ministre se heurte à un obstacle constitutionnel majeur, puisqu’il possède la citoyenneté de plusieurs pays. Pour contourner cette difficulté, la formation politique de l’homme d’affaires prévoit de modifier la Constitution après avoir remporté les élections.
