Les journalistes d’investigation réfutent les affirmations du ministère de la Défense concernant une nouvelle position azerbaïdjanaise
Les journalistes d’investigation ainsi que l’initiative « Ailes de l’Unité », dirigée par l’ancien Défenseur des droits de l’homme d’Arménie Arman Tatoyan, réfutent fermement le récent démenti du ministère arménien de la Défense, le qualifiant de manipulation visant à dissimuler la construction, durant l’été, d’une nouvelle position militaire azerbaïdjanaise sur le territoire souverain de l’Arménie.
Vahe Saroukhanian du journal « Hetq », souligne que la vidéo publiée par le ministère de la Défense ne contient aucun contre-argument sérieux. Selon lui, le ministère s’est contenté de superposer une carte topographique de 1975 aux repères de plateformes en ligne (Google Earth), ce qui constitue une approche peu professionnelle, les images satellitaires ne pouvant être comparées avec précision qu’à des données satellitaires contemporaines similaires.
La polémique a éclaté la semaine dernière, lorsqu’Arman Tatoyan a affirmé que Bakou avait construit une nouvelle position en direction de Vardenis, dans la région de Guegharkounik. Le ministre de la Défense, Suren Papikian, avait catégoriquement démenti cette information, traitant Tatoyan de menteur. Or, les journalistes spécialisés dans la vérification des faits, s’appuyant sur la plateforme satellitaire de précision « Planet », ont confirmé qu’en juillet-août, cette nouvelle position azerbaïdjanaise avait bel et bien avancé de plusieurs dizaines de mètres à l’intérieur du territoire arménien.
Narek Paronian (« Ailes de l’Unité ») dénonce la posture contradictoire des autorités, rappelant que si le Premier ministre Nikol Pachinian déclare fréquemment que la démarcation des frontières n’existe pas encore, le ministère de la Défense se réfère désormais à certaines lignes frontalières pour justifier l’avancée de l’ennemi. Les journalistes soulignent que la confiance envers les autorités est ébranlée, compte tenu des pratiques de désinformation adoptées par les flux d’informations officiels lors de la guerre de 2020 et des incursions frontalières qui ont suivi.
En toile de fond de ces tensions, la députée Lilit Minassian, du groupe parlementaire au pouvoir « Contrat civil », et le ministre Suren Papikian prévoient d’élaborer un nouvel arsenal législatif dont l’objectif est, selon la radio « Azatutyun », de faire taire les journalistes : selon ce projet de loi, si les médias continuent de couvrir un incident frontalier donné après un démenti officiel du ministère de la Défense, ils s’exposeront à des poursuites judiciaires.
