L’aviation israélienne attaque la flotte iranienne de la Caspienne,
la Russie « perd » le contrôle du bassin de la mer Caspienne
Vahram ATANESSIAN
1in.am – Erevan, le 19 mars 2026
Le 18 mars, Israël a lancé sa première attaque de missiles de croisière contre la flotte iranienne de la Caspienne. Au moins cinq navires ont été endommagés et des dizaines de marins ont été tués. Les frappes auraient visé le port de Bandar-e Anzali, dans le nord de l’Iran. Plusieurs médias internationaux affirment qu’Israël aurait utilisé l’espace aérien azerbaïdjanais pour mener ces frappes. Le quotidien israélien de langue russe « Vesti » a rappelé que la Russie et l’Iran avaient mené au moins deux exercices militaires conjoints dans cette partie de la mer Caspienne l’année dernière. Le ciblage par Israël de la flotte iranienne en mer Caspienne modifie radicalement la nature et la géographie du conflit.
Les opérations militaires se déplacent désormais vers le bassin de la mer caspienne, où la marine iranienne n’a d’autre tâche que d’assurer la sécurité des frontières maritimes septentrionales du pays et du transport maritime vers la Russie. Les frappes aériennes israéliennes signifient donc que les communications irano-russes via la mer Caspienne ne sont plus sûres, ou du moins qu’elles font l’objet d’une surveillance israélo-américaine. Peu avant les frappes israéliennes contre la flotte navale et les infrastructures iraniennes en mer Caspienne, un entretien téléphonique avait eu lieu entre les ministres des Affaires étrangères iranien et azerbaïdjanais. La partie iranienne avait alors qualifié de « violation du droit international » le fait de mettre à disposition le territoire d’un pays pour une attaque contre un pays tiers. Le même jour, l’ambassadeur d’Iran à Erevan, Khalil Chirgholami, ouvertement exhorté l’Azerbaïdjan à s’abstenir de toute action hostile contre son pays.
On ignore encore comment Moscou réagira à l’attaque contre les rives iraniennes de la mer Caspienne. La voie maritime Bender-e Anzeli-Astrakhan, dans un sens comme dans l’autre, a régulièrement servi à importer des drones et d’autres équipements iraniens durant les dernières années de la guerre contre l’Ukraine. Mais les frappes israéliennes constituent surtout un préjudice en termes d’image pour la Russie. Moscou a toujours insisté sur le fait qu’aucun pays extérieur à la région ne pouvait avoir de présence militaire en mer Caspienne.
Les attaques ciblées israéliennes contre la flotte navale iranienne ont démontré que la présence de forces militaires extrarégionales en mer Caspienne est un fait accompli, et que dans ce contexte, l’Azerbaïdjan jouerait désormais un rôle de médiateur.
L’Iran ripostera-t-il à l’attaque de la flotte azerbaïdjanaise de la Caspienne ?
La donne a changé.
Pour résumer, il est désormais clair que la mer Caspienne, et plus largement son bassin, ne sont plus une zone d’influence exclusivement russo-iranienne.
Cela constitue d’ores et déjà un défi géopolitique bien plus large pour la Russie.
